Les fusions avortées en France atteignent un record depuis le début de l’année
Avec 96,4 milliards d’euros de transactions annoncées sur des cibles françaises depuis le début de cette année, la France a pris la tête du marché européen des fusions et acquisitions pour la première fois en dix ans, montrent les dernières statistiques de Dealogic. Les mouvements découlant d’une volonté de consolidation sur le marché domestique sont à l’origine de 86% des opérations dévoilées entre le 1er janvier et le 12 juin.
Mais ce dynamisme s’est accompagné d’une résurgence des transactions avortées sur la période. Les offres annoncées mais ultérieurement retirées, rejetées ou prescrites ont représenté 32,2 milliards d’euros, répartis sur cinq opérations. Ce montant n’a presque jamais été égalé sur une année pleine, à l’exception de 1999 où les offres avortées avaient culminé à 50 milliards d’euros.
La valeur des opérations non abouties a certes été gonflée par l’offre de 16,5 milliards d’euros de Bouygues sur SFR, rejetée par sa maison mère Vivendi le 5 avril au profit de l’offre concurrente d’Altice/Numericable. La fusion entre Publicis et Omnicom, valorisée 13,9 milliards d’euros, a pour sa part été abandonnée d’un commun accord le 8 mai dernier, 284 jours après son officialisation. En excluant ces deux transactions d’envergure, le montant des offres avortées atteint néanmoins 1,8 milliard d’euros, au plus haut depuis 2008.
Si les télécoms et les services aux entreprises figurent cette année en tête des secteurs concernés par ces offres non abouties sur des sociétés françaises, c’est la construction qui arrive au premier rang sur une période de dix ans (35,7 milliards d’euros), suivie de loin par le secteur des loisirs (8,4 milliards) et celui de la haute technologie (4,4 milliards).
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