Les fonds sollicitent leurs investisseurs pour étendre leur durée de vie
Dans un marché du capital investissement marqué par une faible activité, nombre de fonds se révèlent aujourd’hui contraints de solliciter leurs investisseurs en vue d’étendre la durée de vie de leur véhicule. «La première problématique est la période d’investissement, contractuellement de l’ordre de quatre à cinq ans. Avec un boom du marché en termes de levées de fonds en 2007 et 2008, de nombreux gérants ont atteint dès 2011 la fin de cette période. Ils ont initié depuis un à deux ans des demandes d’extension auprès de leurs investisseurs», explique Jean-Christel Trabarel, associé de la société de conseil Jasmin Capital.
Les sociétés de capital investissement doivent en outre faire face à un marché bloqué en termes de sorties, tendant mécaniquement à rallonger un peu plus encore la durée de vie globale du véhicule (de l’ordre de huit ans en règle générale, prorogeable de deux fois un an).
«Dans la conjoncture actuelle, il est très difficile pour les fonds de vendre leurs participations. Certaines équipes, qui doivent lever de nouveaux véhicules et dès lors montrer leurs performances, vont être en difficulté. L’extension représente pour eux la meilleure solution», indique Gilles Mougenot, président d’Argos Soditic.
Ce dernier a lui-même demandé à ses investisseurs une extension pour son véhicule de quatrième génération. « Cette extension a été acceptée sans difficulté dans la mesure où notre fonds IV est très performant, relève Gilles Mougenot. Le problème intervient quand le retour aux investisseurs n’est pas au rendez-vous. Mais la plupart du temps, le fonds n’est pas en situation difficile, il lui reste juste une ou deux lignes à vendre».
Pour un autre professionnel du secteur, «l’extension est devenue un phénomène assez classique. Ce phénomène va encore se développer, la situation difficile que connaissent actuellement les fonds dans le domaine des cessions n’étant pas appelée à s’améliorer sur 2013».
Ces prolongations soulèvent la question des commissions versées. «Les management fees, correspondant généralement à 1,5-2%, sont calculées sur le portefeuille résiduel, indique Jean-Christel Trabarel. Le taux est en général dégradé, voire nul lors de la période de prolongation du fonds. Ceci constitue une vraie pression pour les sociétés de capital investissement à sortir les lignes».
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