Les fonds de private equity sont peu préparés à organiser leur succession
Le modèle de rémunération des gérants de capital-investissement, fondé sur un intéressement à la performance des fonds, est-il applicable aux investisseurs institutionnels (ou LP, pour limited partners) qui leur confient leurs capitaux ? C’est l’une des questions qu’a posées Coller Capital pour son traditionnel baromètre semestriel, recueilli auprès de 131 d’entre eux.
Pour cela, la société a croisé la performance des portefeuilles des investisseurs avec le mode de rémunération de leurs professionnels. Les résultats montrent que 55% de ceux qui privilégient un mode de rémunération incluant la performance ont atteint, au cours des cinq dernières années, des rendements supérieurs ou égaux à 11%; ceux qui n’en tiennent pas compte ne sont que 19% à atteindre ce niveau de performance. « Le mode de rémunération variable est peu répandu parmi les investisseurs employés d’organismes publics », indique François Aguerre, associé chez Coller Capital. Un tel écart justifierait, aux yeux de Jeremy Coller, fondateur de Coller Capital, la généralisation des rémunérations variables.
Dans tout autre registre, le baromètre met en évidence des défis que, selon les LP, les gérants de private equity vont devoir relever. Celui qui de loin inquiète le plus est le sujet de la continuité des sociétés de gestion, soit la manière dont celles-ci se préparent – ou non – à l’organisation de la succession de leurs fondateurs ou figures emblématiques qui approchent l’âge de la retraite. 80% des LP interrogés l’évoquent, ce qui en fait leur sujet d’inquiétude numéro un. Lors du baromètre publié fin 2005, ils étaient 56%. «Un nombre important de fonds, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, n’ont pas encore pris le sujet de la transition à bras-le-corps», confirme François Aguerre.
Si l’Europe est toujours considérée avec intérêt – avec les opérations les plus attrayantes pour 2013 – la moitié (52%) des LP souligne le manque d’accès à la dette bancaire. En outre, climat économique oblige, près des deux tiers anticipent une hausse du taux de défaillance dans les trois ans. Tant louée par le passé, la zone Asie-Pacifique fait elle aussi moins recette. En tête des régions il y a quatre ans, l’intérêt pour les fonds de LBO asiatiques recule à la troisième place. «Beaucoup d’investisseurs ont été déçus par la performance de leurs investissements en Asie et se retournent notamment vers les Etats-Unis », indique François Aguerre.
Plus d'articles du même thème
-
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac. -
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ». -
La fabrique de l'OpinionBertrand Martinot : « Le fardeau des retraites devra être partagé équitablement entre les générations. Tout le monde devra contribuer à l’effort »
« Nous serons obligés de décaler l'âge de départ, tout le monde le sait ! La question, c'est la modalité : comment faire ? » -
Choix publicsLe romantisme épuisé de l’élection présidentielle
Aucun démocrate ne doit tolérer que les électeurs ne soient contraints à se prononcer que par défaut ou dépit