Les fonds de « corporate venture » français tentent une percée
Alors que l’absence de réel décollage du capital-risque européen désespère la profession depuis des années, certaines grandes entreprises non financières tentent de prendre le relais. S’il est difficile d’évaluer la qualité de ce phénomène, deux initiatives de corporate venture viennent de voir le jour en une semaine en France. Un fonds de 150 millions d’euros, baptisé Gazelle, réunissant France Télécom et Publicis et destiné à investir dans les sociétés de services et de contenus numériques. Et le lancement, hier, d’Ecomobilité Ventures (EMV) par la SNCF, Orange, PSA Peugeot-Citroën et Total, destiné aux jeunes entreprises de la «mobilité durable».
EMV sera dotée de 30 millions d’euros, apportés pour moitié par la société ferroviaire et à parité par les trois autres partenaires. Elle investira des tickets compris entre 500.000 et 3 millions d’euros en capital-risque et capital-développement, dans une douzaine de sociétés européennes.
«Nous avons réalisé que les nouveaux acteurs qui allaient intervenir dans les secteurs de la mobilité durable seraient tant des grands corporates que des start-up. Cela nous a donné l’idée de lancer un fonds multisectoriel réunissant plusieurs compétences», indique la SNCF. EMV a vocation à succéder à Ecomobilité Partenaires, un fonds de la SNCF investi à 65%. Il confiera un mandat pour ses six participations à la nouvelle société Eclaircile Gestion, également responsable des investissements d’EMV.
Dans les deux initiatives, leurs protagonistes espèrent lever des moyens supérieurs en faisant appel à des tiers, investisseurs financiers ou industriels. Ainsi, Gazelle et EMV pourraient tous deux doubler le montant de leurs engagements. Pour EMV, cette perspective se concrétiserait dans environ 18 mois.
Les entreprises devront apprendre à gérer les relations multiples, ce à quoi les financiers sont habitués. Dans le cas d’EMV, le pacte fixe la règle de l’unanimité tout en mettant en place des mécanismes pour éviter tout risque de blocage systématique. En outre, les quatre partenaires n’auront pas de droit de préemption lors des cessions, mais pourront faire des offres.
Les protagonistes de Gazelle et d’EMV vont représenter les sociétés françaises dans une activité où elles sont peu présentes. Sur les 12 levées de corporate venture rendues publiques en 2011, six sont d’origine japonaises, trois américaines, deux canadiennes et une britannique, selon Preqin.
Plus d'articles du même thème
-
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
IA : Washington réautorise un accès limité au modèle Mythos d'Anthropic
Il y a deux semaines, Howard Lutnick, ministre américain du Commerce, avait demandé à Anthropic de cesser l’accès à deux modèles de pointe. Ce pour des raisons de sécurité nationale à la suite de la détection de failles -
Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France
Par la voix du ministère des Affaires étrangères, la France a dit « regretter » une « décision hostile et sans fondement ». De son côté, la junte fustige l’« activisme incessant » de Paris et « des ambitions néocoloniales affichées » -
Pour l'Iran, les attaques des Etats-Unis sur son territoire sont une « violation flagrante » du protocole d’accord
Samedi 27 juin, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé des positions américaines dans la région du Golfe. Et ce, en représailles à des frappes américaines. Ces dernières étaient menées à la suite d’une attaque attribuée à l’Iran contre un navire commercial dans le détroit d’Ormuz