Les eurodéputés entretiennent le suspense sur l’information des épargnants
Depuis lundi, une poignée de députés de tous bords tente de trouver avec la Commission et les agences de régulation européennes une solution au conflit qui les oppose. Objet du différend: les règles d’application du «règlement sur les documents d’informations clés concernant les produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance» ou Priips. Cette divergence avait entraîné le rejet, le 1er septembre, en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement, des standards techniques de ce texte, censé entrer en vigueur le 1er janvier 2017.
La Commission a réagi en proposant des changements, oralement puis dans un «non-paper». Mais les députés attendent un engagement ferme et public, ce qui leur permettrait aussi d’asseoir leur pouvoir de contrôle, et même de révision, des standards techniques. La Commission confirme les discussions en cours, pas l’existence du «non-paper». Les réserves des députés portent sur la mention des «performances futures» des produits (dont ils estiment qu’elle risque de tromper l’épargnant en obligeant à produire des scenarios de performances futures extrapolés à partir des performances passées), l’information sur les produits multi-options, et enfin la prise en compte du risque de crédit et la différenciation entre types de coûts dans les produits d’assurance.
«Trois options restent sur la table», explique à L’Agefi la rapporteure socialiste Pervenche Berès. S’ils n’obtiennent pas un engagement ferme de la Commission pour revoir les standards et les compléter, les députés pourraient confirmer mercredi prochain en séance plénière le vote du 1er septembre. Dans le cas contraire, ils renonceraient à s’y opposer. Ils pourraient enfin décider de revoter en octobre en attendant d’avoir gain de cause. Un porte-parole de la Commission a indiqué jeudi que les discussions se poursuivaient.
«C’est triste que la Commission n’ait pas réagi plus tôt, estime la Finlandaise Sipra Pietikäinen, qui négocie pour le groupe PPE (centre-droit). Nous aurions pu faire ce travail il y a six mois.» Elle ajoute que sans «solution appropriée» venant des régulateurs, un «compromis sera difficile à trouver». Sven Giegold, rapporteur pour le groupe des Verts, juge quant à lui que les discussions dénotent une «volonté de toutes les parties de trouver un compromis». Leur issue ne devrait être connue que peu avant le vote de l’ordre du jour définitif de la plénière, lundi après-midi.
Plus d'articles du même thème
-
L’affaire Stellantis fait trembler la filière des produits structurés
Des produits structurés sur l'action Stellantis, quand celle-ci était au sommet, ont été massivement vendus à des épargnants aujourd'hui en passe de tout perdre. Un cas d'école dans ce marché où les flux de collecte restent élevés. -
L’assurance-vie au cœur des arbitrages d’épargne au premier trimestre 2026
Dopé par une épargne abondante et des rendements redevenus compétitifs, le secteur capte une collecte nette de près de 20 milliards d’euros au premier trimestre 2026. En parallèle, le PER entre dans une phase de normalisation. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française