Les épargnants français privilégient la sécurité au rendement
Alors que le gouvernement affiche sa volonté d’orienter l’épargne vers le financement des entreprises, les épargnants français restent très attachés à la sécurité financière. «62% d’entre eux préfèrent un placement qui rapporte peu mais peu risqué», indique l'édition 2018 du baromètre du Cercle des Epargnants publiée mardi 20 mars.
L’enquête a été réalisée par Ipsos auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 Français de 18 ans et plus, entre le 27 février et le 5 mars. «La première motivation de l’épargne des Français, parmi ceux qui détiennent au moins un produit d’épargne, est l’épargne de précaution (67%), suivie de l’épargne pour préparer la retraite (29%) et, enfin, pour ‘s’assurer contre le risque de dépendance’ (25%)», montre le sondage.
D’où la place occupée par les contrats d’assurance vie, «toujours en tête des produits d’épargne» malgré la baisse des rendements (44% des sondés en sont titulaires ), devant le Livret A (35%), les PEL-CEL et l’épargne salariale (27%). Loin de ce podium, le PEA n’attire que 9% des sondés, les actions et obligations sur un compte titre 8%, le Perco 4% et le PERP, les contrats Madelin et Prefon 3% seulement.
Ces résultats n’augurent pas d’un accueil très favorable au projet de réforme de la retraite préparée par le gouvernement. «Le financement des entreprises grâce à l’épargne individuelle n’est pas une priorité pour la majorité des Français», indique Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut Ipsos, 44% des sondés répondant clairement non à cette perspective et 26% déclarant ne pas savoir.
Ils ne sont guère plus convaincus par les placements n’offrant pas de certitude sur le capital à la fin du contrat, 79% d’entre eux considérant prioritaire ou important «la garantie de récupérer le capital de départ». De même, «la liquidité du produit, le fait de pouvoir récupérer son argent n’importe quand à n’importe quel moment» rallient 76% des sondés.
Pour Brice Teinturier et Valérie Plagnol, présidente du Cercle des Epargnants, l’enquête montre le haut niveau d’inquiétude des Français concernant les ressources dont ils disposeront une fois à la retraite. Sur ce sujet en revanche, le gouvernement se révèle clairvoyant car «son idée d’instaurer un système de points, permettant aux futurs retraités de savoir où en sont leurs revenus de remplacement, emporte l’adhésion des Français», constate Valérie Plagnol.
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