Les entreprises à capitaux privés n’ont pas retrouvé de goût pour les M&A
La crise économique a réduit à néant bien des velléités d’opérations de croissance externe de la part des entreprises à capitaux privés. Et le sentiment positif quant à un retournement déjà engagé n’a pas encore tout à fait redonné espoir aux dirigeants-actionnaires interrogés par Grant Thornton en décembre 2009. En France, 27% d’entre eux envisagent une opération d’acquisition cette année, soit tout de même 20 points de moins qu’à l’occasion de la précédente enquête annuelle.
Rien d’étonnant aux yeux du cabinet d’audit et de conseil, qui souligne que «dans une période d’incertitude économique et de financement limité», nombreux sont ceux qui «pensent d’abord à la survie plutôt qu’à l’expansion».
Dans le monde (l’étude porte sur 7.400 sociétés dans 36 pays), la part des entreprises misant sur la croissance externe a chuté de 11 points à 26%. L’Amérique du Nord reste la zone la plus ambitieuse, à 32% (-12 points). Arnaud Limal, associé de Grant Thornton Corporate Finance, relève que les patrons nord-américains particulièrement savent que les M&A «restent un moyen stratégique efficace pour accélérer leur croissance». Les entrepreneurs des pays qui ont été relativement moins touchés par la récession font logiquement montre d’une plus grande agressivité, à l’image des 66% (+7 points) de dirigeants polonais songeant à la croissance externe.
La volonté d’accéder à de nouveaux marchés constitue en France (à 69%) comme dans le monde (57%) la principale raison de concrétiser une opération de croissance externe, devant la quête d’économies d’échelle ou l’acquisition de nouvelles technologies.
Grant Thornton veut pourtant déceler en ce début d’année des signes d’espoir, à mesure que les sociétés constatent concrètement l’amélioration du climat économique et des conditions de financement. Responsable mondial des M&A pour le cabinet, Mike Hughes estime que l’attentisme mis en lumière par l’étude doit tenir compte de réponses sans doute trop optimistes l’an passé.
Déjà, si les dirigeants-actionnaires ont également accru leur défiance face à l’hypothèse d’une entrée en Bourse (seuls 7% des sociétés l’envisagent dans le monde), ils sont plus nombreux à envisager une transmission du capital en 2010 (16% en France, +7 points, et 10% dans le monde, +4 points), au bénéfice avant tout selon eux d’acquéreurs industriels (dans 27% des cas, +9 points).
Plus d'articles du même thème
-
L'Eiopa précise ses attentes envers les assureurs détenus par le private equity
Le superviseur européen a recensé 26 assureurs européens liés au private equity fin 2024 et fait évoluer ses recommandations de supervision. -
Akto lance un appel d'offres pour la retraite de ses salariés
L’opérateur de compétences recherche un mandataire pour gérer la retraite de ses employés. -
UBS transfère l’administration de fonds de l’ex-Credit Suisse à Northern Trust
La clôture de la transaction interviendra au deuxième trimestre 2027.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
Mouvement lycéen : « Il faut écouter en profondeur ce que cette jeunesse nous dit »
Brice Teinturier, directeur de l'institut de sondages Ipsos, revient sur les résultats de l'enquête menée pour l'Université Aix-Marseille pour « faire émerger la voix de la jeunesse » en vue de 2027, en plein mouvement de contestation des lycéens et étudiants -
Dans les écoles publiques anglaises, les limites du financement par élève
Malgré la hausse du budget par élève, liée en partie à la baisse de la natalité, la pression financière subsiste -
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance »