Les banques françaises sont menacées dans leurs chasses gardées
L’accélération de la réduction des bilans dans les banques, sous la double pression des contraintes de liquidités sur le marché et de la réglementation internationale, alimentent les craintes d’assèchement de l’octroi de crédits à l’économie. Entre autres conséquences, cette tendance pourrait nuire aux établissements européens, en particuliers français, dans leurs places fortes que sont le financement export et le financement de projet.
La Société Générale et BNP Paribas ont ainsi, l’une après l’autre, annoncé la semaine dernière une cure d’amaigrissement de leurs bilans dans la banque de financement traditionnelle, comme le crédit export ou le trade finance. «Les banques européennes ont toujours eu une part très importante dans les métiers du financement de projet ou du commerce international, qui sont libellés en dollars même pour des corporates européens, explique à L’Agefi le dirigeant d’une banque française. Les américaines ont toujours été moins présentes et quelques gros acteurs comme ABN Amro ont disparu. On ne va pas arrêter ces métiers, mais assister au retour à un modèle plus proportionné à l’économie européenne».
Selon les statistiques de Thomson Reuters, la Société Générale et BNP Paribas occupent respectivement les première et deuxième places mondiales dans le financement export en 2011 (au 16 septembre). Même chose en 2010, avec 3 et 2,3 milliards de dollars de transactions arrangées. Natixis et Crédit Agricole CIB (CA CIB) arrivent en sixième et dixième positions en 2011, après avoir terminé respectivement neuvième et huitième l’année dernière.
Un peu moins performantes en financement de projet, les banques françaises sont néanmoins aux premières loges des établissements occidentaux derrière trois banques indiennes et Bank of Taïwan. Il faut dire qu’elles ont préféré sortir du marché indien, le plus gros du monde, mais où les banques locales font du dumping. SocGen et CA CIB se suivent aux cinquième et sixième places, en ayant financé plus de 6,8 et 6,4 milliards de dollars de transactions en 2010. Elles ont permuté leur rang en 2011.
Cette hiérarchie risque donc d'évoluer, en faveur d’acteurs américains ou asiatiques. Par ailleurs, «c’est aussi sur ces métiers, libellés en dollars, que la désintermédiation se fera le plus vite», poursuit la même source.
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