Les banques françaises ont accordé 2 milliards d’euros de bonus pour 2010
Pour éteindre la polémique, Bercy a rappelé le 13 mai que les banques françaises s’étaient conformées à la directive CRD 3 encadrant le paiement des bonus. Une analyse confirmée par l’examen des montants publiés par les établissements, désormais au complet – à l’exception du CIC, qui avait attribué l’an dernier 13 millions d’euros de variable à 55 collaborateurs. Les comparaisons avec l’exercice précédent restent en revanche impossibles, le nombre et la nature des bénéficiaires ayant changé.
En moyenne, les bonus attribués au titre de 2010 aux collaborateurs mettant la banque en risque ont représenté 64% de la rémunération totale. Ce pourcentage tombe même à 51% au Crédit Agricole. Sur les quelque 2 milliards d’euros de variables accordés à 8.648 salariés et dirigeants de BNP Paribas, du Crédit Agricole, de Natixis et de la Société Générale, près des deux tiers seront versés de manière différée, en général sur trois ans, et sous conditions. Un peu plus de la moitié sera versée en espèces, le solde sous forme d’actions ou de titres indexés sur la performance du groupe.
Seul le Crédit Agricole se distingue, avec seulement 36% du bonus différé. Explication: près de 600 bénéficiaires touchant 50.000 euros de bonus moyen n’atteignent pas le seuil de variable qui déclenche un versement différé. La banque verte est ainsi celle qui verse, en moyenne, les bonus les moins généreux (152.000 euros), quasiment moitié moins que les 291.000 euros de BNP Paribas à l’autre bout du spectre. Autre enseignement: chez Natixis, les traders chargés de liquider le portefeuille d’actifs risqués de la banque sont bien mieux lotis que leurs collègues. Ces 76 professionnels touchent un bonus moyen de 276.000 euros, contre 163.000 euros pour les autres salariés de la BFI du groupe.
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