Les analystes réévaluent le coût des litiges bancaires
La sanction record infligée à BNP Paribas fin juin pour avoir commercé avec des pays sous embargo américain conduit les analystes bancaires à réévaluer le coût des litiges pour le secteur. Ceux de Morgan Stanley, dans une étude plus large sur les banques d’investissement publiée hier, estiment à 35 milliards d’euros la facture qui attend encore les acteurs européens, lesquels ont déjà déboursé ou provisionné 60 milliards d’euros. Les banques américaines semblent plus avancées dans ce processus, avec 125 milliards de dollars de charges comptabilisées et encore 25 milliards à venir.
Côté européen, le chiffrage de Morgan Stanley ne couvre que les 14 principales banques mises à l’index par une autorité (Libor, assurance emprunteur, etc…). «En termes de calendrier, les enquêtes sur le marché des changes pourraient s’éclaircir rapidement: les articles de presse et nos conversations avec les dirigeants de banque laissent penser qu’un règlement est possible en 2014», indiquent les analystes actions de la banque américaine. Ceux-ci n’ont en revanche pas pris en compte dans leurs calculs le coût éventuel de sanctions spécifiques liées au trading haute fréquence et aux dark pools, alors que les autorités américaines viennent d’ouvrir ce front à l’encontre de Barclays.
La banque britannique reste d’ailleurs, avec sa compatriote Royal Bank of Scotland, la plus exposée à l’inflation des litiges. Elle pourrait encore devoir débourser d’ici à 2016 près de 12 milliards de dollars, contre un coût qui s'élève à 10 milliards depuis 2009. Pour RBS, la facture à venir serait à peu près équivalente aux charges déjà supportées, soit 11,3 milliards. Côté français, la Société Générale et le Crédit Agricole s’en tireraient avec des ardoises respectives de 0,4 et 0,5 milliard d’euros, tandis que BNP Paribas pourrait encore devoir payer 0,8 milliard, selon les estimations de Morgan Stanley.
Ces évaluations se rapprochent de celles de Credit Suisse, qui estimait début juin à près de 39 milliards de dollars (28,5 milliards d’euros) la facture à venir pour le secteur bancaire européen. Une facture qui, pour les quinze plus grandes d’entre elles, a absorbé 86% de leurs bénéfices en 2013, rappelait fin juin KPMG.
Interrogé sur le cas BNP Paribas, Mario Draghi, le président de la BCE, a quant à lui rappelé le 3 juillet que le superviseur veillerait au provisionnement «adéquat» de ces risques au bilan des banques.
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