Les chiffres élevés d’inflation n’ont pas altéré la marche en avant des places boursières qui profitent de bons résultats trimestriels et de taux réels historiquement bas.
Publié le
Xavier Diaz
Les places boursières européennes ont atteint vendredi de nouveaux records.
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DR/Pixabay
«La résilience des entreprises constitue un soutien pour le marché action», relève Emilie Tetard, stratégiste allocation d’actifs chez Natixis. Les résultats du troisième trimestre n’ont pas été aussi catastrophiquesque ne le faisaient craindre les hausses de coûts et les pénuries dans la chaîne d’approvisionnement. Au contraire. «Malgré la hausse des coûts, les entreprises sont parvenues à maintenir leurs marges à des niveaux élevés au troisième trimestre, poursuit la stratégiste. Les surprises bénéficiaires ont même été supérieures à celles sur les chiffres d’affaires. Les entreprises ont répercuté la hausse des coûts dans leurs prix de vente.»
Aux Etats-Unis, 81% des entreprises ont dépassé les attentes des analystes sur leurs résultats et 68% sur les ventes. Des résultats en hausse de 45%. En Europe, 57% des entreprises battent le consensus (les surprises bénéficiaires sont toujours inférieures à celles du marché américain où le pilotage des prévisions est plus fin). Et quand les entreprises affichent des difficultés ce n’est pas dû à une dégradation des marges mais à la crise sanitaire comme dans les secteurs du tourisme ou du transport.
Nouveau «goldilocks»
«Les actions doivent s’habituer à un régime de volatilité macroéconomique plus élevée car le cycle arrive à maturité, les banques centrales se lancent (prudemment) dans la normalisation des leurs politiques monétaires et le débat animé sur l’inflation n’aura peut-être pas de réponse définitive avant un certain temps», reconnaît Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays pour qui la saison des résultats du troisième trimestre a sonné comme un rappel puissant dans un contexte global de marché favorable. «L’environnement sain de croissance économique et de bénéfices alimente un marché actions fondamentalement solide», relève également le stratégiste de Barclays.
Un soutien encore plus puissant est celui des taux réels. «Les grandes banques centrales resteront prudentes tant que la croyance en une inflation transitoire sera en place, affirme Emmanuel Cau Elles font ainsi baisser les taux d’intérêt réels, ce qui soutient les actions.» Et ce moteur est important pour des marchés particulièrement bien valorisés. «Il y a beaucoup d’optimisme dans le marché qui intègre déjà la plupart des bonnes nouvelles, juge Emilie Tetard. Les niveaux bas records des taux réels permettent de justifier ces valorisations élevées.» Ce nouveau «goldilocks» (ni surchauffe, ni récession, ndlr), de taux bas et de résultats résilients, a entraîné un retour des investisseurs sur les actions après un été et un mois de septembre difficiles pour les marchés boursiers. «Ce mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année», prédit Emmanuel Cau.
La valorisation élevée du marché le rend néanmoins très asymétrique. «Le directionnel de marché devrait rester bien orienté mais des consolidations sont possibles vu les niveaux de valorisation et la nervosité du marché», affirme Emilie Tetard qui voit deux scénarios négatifs liés à l’inflation: le risque sur la croissance économique (et la stagflation) et celui d’une réévaluation des politique monétaires avec une hausse des taux réels. «Le risque d’inflation est le plus négatif pour les portefeuilles et le problème est qu’il n’y a pas de bonne couverture», prévient la stratégiste de Natixis.
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe.
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