L’effet des mesures fiscales faiblit sur les rachats d’actions aux Etats-Unis
La période faste des rachats d’actions s’achève-t-elle ? Les sociétés américaines ont moins eu recours à ces opérations au deuxième trimestre qu’au cours des périodes précédentes, contrairement à l’Europe. Selon les calculs de S&P Dow Jones Indices, qui reposent sur les résultats de 94,9% des transactions réalisées, le montant a reculé de 20% par rapport au trimestre précédent et de 10,4% par rapport au deuxième trimestre 2018. Il a atteint 165,7 milliards de dollars, contre 206 milliards au trimestre précédent et 190,6 milliards un an plus tôt.
Il convient toutefois de nuancer cette baisse : le premier trimestre 2019 a été solide (ce qui explique qu’à l’échelle semestrielle, le recul entre 2018 et 2019 ne représente que 2,3%) et le millésime 2018a atteint un record absolu. Cette année-là, plus de 806 milliards de dollars de titres ont été rachetés aux actionnaires (dont 380 milliards au seul premier semestre), contre 520 milliards en 2017, 536 milliards en 2016 et 572 milliards en 2015. «La baisse d’impôt de 2018 a probablement encouragé les entreprises à dépenser fortement dans les rachats d’actions, dont le montant représente 55% par rapport à 2017 et 41% par rapport au précédent record de 2015. Le déclin du T2 2019 n’est important que par rapport à 2018 ; comparé à 2017, le trimestre reste solide», analyse l’étude. En outre, la situation financière des entreprises est restée bonne au deuxième trimestre, en particulier aux Etats-Unis, ce qui en général influe positivement sur le rythme des rachats d’actions.
Les rachats d’actions au cours du premier semestre 2019 ont donc malgré tout joué un rôle – même si ce n’était pas le principal – dans les sept mois de croissance soutenue qu’ont connue les Bourses américaines et qui ont porté l’indice américain S&P 500 à un record de 3.025,86 points le 26 juillet.
Mais ces opérations étant cycliques, le recul du deuxième trimestre pose la question de la probabilité d’un retournement de tendance. S’il devait se confirmer, cela signifierait que le marché actions américain ne bénéficiera plus – ou moins – du soutien de ces opérations, ce qui pourrait peser sur le marché en cas d’aggravation des tensions commerciales internationales et des conséquences imprévues du Brexit. Dans un tel contexte, les entreprises seront tentées de conserver leurs capitaux pour se renforcer à travers leurs investissements et des politiques d’acquisition.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETI françaises trouvent leur salut à l’international
Le baromètre annuel de Bpifrance salue notamment la poursuite des investissements de transition et l’appropriation de l’IA par ce segment résilient d’entreprises. -
KNDS veut faire ses armes en Bourse sans mobilisation générale
Très attendue, la cotation du fabricant de chars franco-allemand devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Elle consistera uniquement en une cession de titres existants et les particuliers ne pourront pas y participer. -
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire -
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes