L’effet des mesures fiscales faiblit sur les rachats d’actions aux Etats-Unis

Les rachats d’actions des sociétés américaines ont reculé au deuxième trimestre.
Antoine Landrot
Wall Street Nyse cotation marché américain New York  Etats-Unis
Le marché actions américain a bénéficié pendant plusieurs mois du soutien des rachats d’actions.  -  Photo Nyse.

La période faste des rachats d’actions s’achève-t-elle ? Les sociétés américaines ont moins eu recours à ces opérations au deuxième trimestre qu’au cours des périodes précédentes, contrairement à l’Europe. Selon les calculs de S&P Dow Jones Indices, qui reposent sur les résultats de 94,9% des transactions réalisées, le montant a reculé de 20% par rapport au trimestre précédent et de 10,4% par rapport au deuxième trimestre 2018. Il a atteint 165,7 milliards de dollars, contre 206 milliards au trimestre précédent et 190,6 milliards un an plus tôt.

Il convient toutefois de nuancer cette baisse : le premier trimestre 2019 a été solide (ce qui explique qu’à l’échelle semestrielle, le recul entre 2018 et 2019 ne représente que 2,3%) et le millésime 2018a atteint un record absolu. Cette année-là, plus de 806 milliards de dollars de titres ont été rachetés aux actionnaires (dont 380 milliards au seul premier semestre), contre 520 milliards en 2017, 536 milliards en 2016 et 572 milliards en 2015. «La baisse d’impôt de 2018 a probablement encouragé les entreprises à dépenser fortement dans les rachats d’actions, dont le montant représente 55% par rapport à 2017 et 41% par rapport au précédent record de 2015. Le déclin du T2 2019 n’est important que par rapport à 2018 ; comparé à 2017, le trimestre reste solide», analyse l’étude. En outre, la situation financière des entreprises est restée bonne au deuxième trimestre, en particulier aux Etats-Unis, ce qui en général influe positivement sur le rythme des rachats d’actions.

Les rachats d’actions au cours du premier semestre 2019 ont donc malgré tout joué un rôle – même si ce n’était pas le principal – dans les sept mois de croissance soutenue qu’ont connue les Bourses américaines et qui ont porté l’indice américain S&P 500 à un record de 3.025,86 points le 26 juillet.

Mais ces opérations étant cycliques, le recul du deuxième trimestre pose la question de la probabilité d’un retournement de tendance. S’il devait se confirmer, cela signifierait que le marché actions américain ne bénéficiera plus – ou moins – du soutien de ces opérations, ce qui pourrait peser sur le marché en cas d’aggravation des tensions commerciales internationales et des conséquences imprévues du Brexit. Dans un tel contexte, les entreprises seront tentées de conserver leurs capitaux pour se renforcer à travers leurs investissements et des politiques d’acquisition.

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