Le yuan salue l’accord entre la Chine et les Etats-Unis
Après des mois de querelles, la Chine et les Etats-Unis signeront demain l’accord dit de phase 1. Cette trêve a déjà été saluée par une hausse du yuan. La devise chinoise s’est appréciée de 4% depuis son plus bas de début septembre 2019 (7,17 yuans pour un dollar) et est repassée sous 6,90 yuans hier pour la première fois depuis août. «En laissant leur devise s’apprécier, les autorités chinoises montrent qu’elles n’ont aucun intérêt à jeter de l’huile sur le feu même si elles n’ont pas affiché un grand enthousiasme depuis l’annonce de cet accord», souligne Philippe Waechter, économiste chez Ostrum AM. Ce compromis est dans l’intérêt des deux pays.
«Pour l’heure, nous n’en connaissons pas les détails mais il devrait surtout porter sur les engagements d’achats par la Chine de produits américains, notamment agricoles, en échange de l’abandon des hausses tarifaires prévues en décembre dernier et sur une baisse de celles mises en place en septembre», poursuit l’économiste. Un accord gagnant-gagnant qui permettra aux Etats-Unis de retrouver le débouché du marché chinois pour son soja et à la Chine de s’approvisionner en viande de porc. Ces achats pourraient porter sur 50 à 100 milliards de dollars sur deux ans.
«Il est peu probable que l’accord soit très ambitieux», juge Christine Peltier, économiste chez BNP Paribas, pour qui ce compromis est néanmoins positif car il va permettre aux échanges entre les deux pays de se redresser.
La hausse du yuan intègre cette légère amélioration mais aussi la perspective d’un retrait de la devise chinoise de la liste américaine des devises manipulées. Pour Christine Peltier, la question politique a joué un rôle important dans l’évolution du yuan depuis deux ans : «Sur la période de fin mars 2018 à fin août 2019, le yuan s’est déprécié de près de 13% contre le dollar. Les autorités chinoises ont laissé le yuan se déprécier en réponse à chaque nouvelle hausse de droits de douane américains». Depuis le yuan a fait marche arrière, aidé par l’accord. «Nous anticipons une stabilisation de la devise cette année sauf s’il y a un coup d’arrêt au processus de négociations, ce qui entraînerait une dépréciation», estime l’économiste de BNP Paribas. Une dépréciation qui aurait toutefois une limite : celle d’un risque de fuite de capitaux. «Après un premier accord, ce qui importe désormais ce sont les annonces que feront Pékin et Washington sur la poursuite ou non de leurs discussions dans une phase II des négociations», prévient Christine Peltier.
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