Les prix de l’or noir ont nettement reculé cette semaine avec les inquiétudes sur la demande mondiale avant de se reprendre sur fond de tension géopolitique.
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Xavier Diaz
Cette semaine le baril de Brent a perdu 6% et jusqu’à près de 8% avant le rebond de jeudi.
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Photo : Statoil/Harald Pettersen
Entre craintes sur la croissance mondiale liée à la propagation rapide du variant Delta et tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les prix du baril de pétrole ont finalement rebondi jeudi mettant un terme à trois séances consécutives de baisses. Les cours du Brent ont regagné de plus de 1%, revenant au-dessus de 70 dollars, à 71,20 dollars, tandis que le WTI a gagné 1,45%, à 69,10 dollars.
Les tensions entre Israël et l’Iran, après l’attaque d’un pétrolier au large d’Oman fin juillet, attribuée à la république islamique qui a démenti toute implication, et des échanges de tirs entre le Sud Liban et le Nord d’Israël, ont compensé les craintes liées à la crise sanitaire. Ces tensions compliquent notamment la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien, les discussions entre le pays et les grandes puissances occidentales ayant été ajournées après l’élection du nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi. Cela éloigne aussi la possibilité pour le pays d’exporter à nouveau son pétrole et donc d’accroître l’offre mondiale. Ce qui est à court terme favorable pour les cours de l’or noir.
Net repli des prix
Malgré la hausse de jeudi, les prix du pétrole ont nettement reculé cette semaine, les opérateurs craignant que la résurgence du Covid-19 en raison de la forte propagation du variant Delta n’affecte la demande mondiale de brut. De nombreux pays, dont la Chine, l’un des deux principaux consommateurs avec les Etats-Unis, ont pris de nouvelles mesures de restriction pour tenter de freiner l’épidémie. Ces mesures affectent en premier lieu la mobilité des personnes et les transports, ce qui a un impact sur la demande de pétrole. Aux Etats-Unis, le nombre de contaminations est reparti à la hausse à 100.000 par jour.
Cette semaine le baril de Brent a perdu 6% et jusqu’à près de 8% avant le rebond de jeudi, après être passé sous 70 dollars pour la première fois depuis mi-juillet. Il recule de 10% par rapport à son point haut cette année le 6 juillet.
Craintes sur la croissance
La publication d’indicateurs économiques mitigés en Chine (indices PMI manufacturier) et aux Etats-Unis (ISM manufacturier), confirmant que la croissance a atteint son pic dans ces deux pays, a pesé sur la tendance. L’annonce mercredi d’une baisse inattendue de 3,6 millions de barils des stocks de pétrole aux Etats-Unis n’a pas aidé.
La baisse de la demande de pétrole s‘est accentuée ces derniers mois en Asie. En juillet, les importations de brut ont baissé pour le quatrième mois au cours des cinq derniers mois à un plus bas de dix mois, selon Refinitiv Oil Research. Elles ont bien sûr fortement chuté en Chine (qui avait anticipé ses achats en 2020 quand les prix s‘étaient effondrés) à un plus bas depuis février 2020, selon Kpler. En Inde aussi les importations sont au plus bas.
Ces inquiétudes entourant la demande mondiale de pétrole interviennent au moment où les membres de l’Opep+ ont décidé d’augmenter leur production de 400.000 barils par jour chaque mois entre août et décembre. Selon Reuters, leur production n’a jamais été aussi élevée depuis avril. De quoi empêcher une nouvelle flambée.
Les prix du gaz naturel sur le marché européen ont bondi à un plus haut depuis 2023, ravivant le spectre d’une nouvelle crise énergétique. Les stocks de cette source d’énergie toujours très importante pour l’Europe, car pilotable, sont au plus bas.
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz.
Le regain d’hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran, qui ne parviennent pas à trouver un accord, a fait flamber les prix du baril de brut. Washington menace Téhéran de mesures d’isolement économique inédites.
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