Le sujet de la dette étudiante est plus que jamais politique aux Etats-Unis
A quelques jours de la fin du moratoire sur la dette étudiante, qui se termine le 31 août, des millions de débiteurs restent dans l’incertitude. Le Department of Education a confirmé le 17 août que le président Biden allait faire des annonces très prochainement sur le sujet, sans préciser leur nature. Au fil des ans, les sujets de la dette étudiante et de l’augmentation du coût des études se sont imposés comme l’un des thèmes majeurs dans les débats politiques. Selon une enquête d’opinion publiée par Scoresense le 18 août, seules 14% des personnes interrogées déclaraient pouvoir payer leurs échéances de prêt étudiant sans problème si le moratoire devait prendre fin.
L’opinion publique cherche à peser dans la prise de décision. Les témoignages affluent sous le hashtag #CancelStudentDebt sur Twitter. Dans le New Yorker, Eleni Schirmer a publié le 27 juillet un article décrivant le vieillissement des emprunteurs. « Sur les 45 millions d’Américains qui ont un prêt étudiant, un sur cinq a plus de cinquante ans. Entre 2004 et 2018, les soldes des prêts étudiants des emprunteurs de plus de cinquante ans ont augmenté de 512% », écrit-elle. « The Debt Collective », un mouvement qui appelle à l’annulation de la dette étudiante bénéficie du soutien de la sénatrice Elizabeth Warren.
Le montant total de la dette étudiante est resté inchangé à 1.590 milliards de dollars au second trimestre 2022, selon le dernier rapport sur la dette et les crédits des ménages publié le 2 août par la Fed de New York. Le taux de défaut a fortement baissé grâce aux moratoires successifs, passant de 17% à l’automne 2019 à 5% seulement, selon l’étude SHED (Economic Well-Being of US Households) publiée par la Fed en juin 2022.
En améliorant le pouvoir d’achat des Américains, les moratoires successifs leur ont permis de bénéficier de conditions de crédit plus favorables. 30% de la population adulte a contracté au moins une dette pour financer ses études, pour un montant médian compris entre 20.000 et 24.999 dollars.
A défaut de mettre en musique l’annulation de la dette, l’administration a accéléré l’utilisation des programmes existants d’annulation de dettes étudiantes, ciblant notamment les personnes ayant une incapacité permanente, ou celles ayant fréquenté des écoles qui les ont escroquées ou qui ont depuis fermé leurs portes. Depuis le début du mandat de Joe Biden, 32 milliards de dollars ont ainsi été versés.
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