Le secteur bancaire est conquis à son tour par les obligations vertes
L’intérêt pour les «obligations vertes» se généralise. Déjà fréquent dans les secteurs de l’énergie et des services collectifs, comme l’ont illustré ces derniers mois EDF, GDF Suez ou l’italien Hera, le secteur bancaire adopte à son tour les «green bonds».
La première émission de Lloyds Banking Group, lancée hier, a rencontré le succès. Selon l’établissement britannique, la demande représentait 150% du montant de l’opération, fixé à 250 millions de livres sterling. Il s’agit d’une dette senior non garantie, d’une maturité de 4,5 ans. La demande, dont une partie importante provient du monde de l’investissement socialement responsable (ISR) et des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), a permis à l’émetteur de resserrer la marge à 110 points de base au-dessus des emprunts d’Etat. L’obligation sert un coupon annuel de 2,75%.
«L’émission nous a permis d’accéder à de nouvelles catégories d’investisseurs, ce qui contribue à diversifier nos sources de financement. Son succès confirme la crédibilité de notre papier vis-à-vis des investisseurs ISR/ESG», indique un porte-parole de la banque.
Conformément au principe des obligations vertes, l’émission viendra soutenir le programme Helping Britain Prosper lancé par Lloyds Banking Group en 2013. «Le produit sera utilisé pour financer des prêts aux PME dont l’action apporte un bénéfice social et environnemental clair», précise James Garvey, responsable des marchés de capitaux chez Lloyds Bank Commercial Banking. Plus précisément, les bénéficiaires seront des PME, des exploitations agricoles et des initiatives dans le secteur de la santé dans les régions défavorisées du Royaume-Uni, ainsi que des microprojets dans les énergies renouvelables.
Témoin de leur succès grandissant, Barclays a annoncé cette semaine le lancement d’un indice portant sur les obligations vertes avec le fournisseur d’indices MSCI. Selon la banque, les émissions ont atteint 18 milliards de dollars à travers le monde au premier semestre, contre 11 milliards pour l’ensemble de l’année 2013. La Climate Bond Initiative prévoit qu’entre 30 et 40 milliards de dollars seront émis en 2014, et que le marché atteindra les 100 milliards l’année prochaine.
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