Le résultat des législatives françaises laisse les marchés de marbre
Avec 245 sièges à l’Assemblée nationale, le parti présidentiel et ses alliés sont loin d’obtenir la majorité absolue (289 sièges) espérée. La réaction des marchés est toutefois modérée ce lundi.
«Privé d’une majorité parlementaire, le président Emmanuel Macron aura du mal à mettre en oeuvre son programme de réformes et devra sans doute chercher le soutien de la Nupes ou des Républicains pour certaines mesures spécifiques», soulignent dans une note les analystes de KBC Bank.
«Un parlement aussi fragmenté aboutira probablement à une impasse politique, avec un programme de réformes beaucoup plus lent, ce qui pourrait conduire à un vote de défiance et/ou à une dissolution de l’Assemblée nationale au cours de l’année à venir. Cette situation risque d’affaiblir la position de la France en Europe et de mettre en péril la situation budgétaire du pays, qui est déjà faible», renchérit Philippe Gudin, économiste chez Barclays.
Les Bourses montent
L’ouverture de cette période d’incertitude n’inquiétait pourtant pas outre mesure les marchés lundi 20 juin. Les taux français étaient presque stables à l’ouverture, avant de se tendre progressivement, mais dans les mêmes proportions que les autres dettes de la zone euro. Vers 18 heures, le rendement de l’emprunt d’Etat français à 10 ans se tendait de 11 points de base à 2,28%. L’écart avec le Bund allemand à même maturité se creusait de 3 point de base à 57 pb.
«La politique monétaire prend souvent le pas sur les questions intérieures et les marchés de taux ont encore du mal à appréhender les effets de ce résultat législatif, effets qui pourraient aussi être positifs pour le budget si le gouvernement doit mener une politique plus à droite. Cela dit, dans le contexte actuel de hausse des taux et des spreads, la réaction par défaut aurait dû être plus forte», estime Antoine Bouvet, stratégiste taux chez ING.
L’absence de réaction serait-elle aussi un effet de l’annonce du nouvel outil antifragmentation de la Banque centrale européen (BCE) ? «Possible, même si une question se posera sur le fait de savoir si la France fait ou pas partie des pays ‘core’ qui ne devraient pas en bénéficier. Un autre aspect peut-être que, comme le suggèrent certains, le président Emmanuel Macron étant plus contraint sur sa politique intérieure, il passe plus de temps à avancer l’intégration européenne, ce qui serait bon pour les taux euro plus globalement», ajoute Antoine Bouvet.
Du coté des marchés actions, l’indice CAC 40 était à peine pénalisé par les résultats de l’élection. Il a terminé en hausse de 0,64%, à 5.920 points.
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