Les tensions américano-iraniennes envoient le pétrole à un sommet de six mois
Le cours du Brent a bondi jeudi, atteignant un sommet de près de six mois en raison des inquiétudes croissantes concernant l’impact potentiel d’une possible attaque militaire américaine contre l’Iran, quatrième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec une production de 3,2 millions de barils par jour.
«L’inquiétude immédiate (du marché)... est le dommage collatéral causé si l’Iran s’en prend à ses voisins ou, encore plus pénalisant, s’il ferme le détroit d’Ormuz aux 20 millions de barils de pétrole qui y transitent chaque jour», a déclaré John Evans, analyste chez PVM.
Le cours du pétrole de la mer du Nord grimpait de 2,3%, à 70,3 dollars, en fin de journée après avoir touché un plus haut depuis le 1er août à 71,89 dollars en cours de séance. De son côté, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) était en hausse de 2,4%, à 65 dollars, après avoir également atteint un sommet de six mois à plus de 66 dollars.
Le président américain Donald Trump a accentué la pression sur Téhéran pour qu’il mette fin à son programme nucléaire, avec des menaces de frappes militaires et l’arrivée d’un groupe naval américain dans la région. Il étudie des options incluant des frappes ciblées contre les forces de sécurité et les dirigeants afin d’inciter les manifestants à renverser potentiellement les dirigeants iraniens, a rapporté Reuters jeudi, citant des sources américaines proches des discussions.
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Prime de risque géopolitique
«La possibilité que l’Iran soit frappé a fait grimper la prime de risque géopolitique sur les prix du pétrole de potentiellement 3 à 4 dollars (par baril)», ont estimé les analystes de Citi dans une note mercredi. «La rapidité de la réaction des cours du pétrole suggère que les marchés considèrent une action militaire américaine contre l’Iran comme un risque réel et imminent», confirme Jorge Leon, responsable des analyses géopolitiques chez Rystad Energy, dans une note publiée jeudi. Il rappelle que les menaces de l’administration Trump en matière militaire ont été souvent suivies d’effet, contrairement à la rhétorique sur les droits de douane «qui a souvent été tempérée ou reportée».
Par ailleurs, le gigantesque champ pétrolifère de Tengiz, au Kazakhstan, est en cours de redémarrage progressif après que des incendies d’origine électrique ont réduit la production la semaine dernière, avec pour objectif d’atteindre une pleine production d’ici une semaine.
Aux États-Unis, premier producteur mondial de pétrole et plus grand exportateur de gaz naturel liquéfié, les producteurs de brut et de gaz remettaient également leurs puits en service après les perturbations causées par le froid intense de la tempête hivernale Fern le week-end dernier.
«Le principal moteur des prix du pétrole reste la prime de risque géopolitique entourant l’Iran et le Moyen-Orient, bien que les interruptions imprévues au Kazakhstan et aux États-Unis aient également eu un impact temporaire», a déclaré Suvro Sarkar, responsable de l'équipe du secteur de l'énergie de la DBS Bank, dans un courriel.
(Avec Reuters)
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