Le plan de soutien américain prend forme
Le plan de soutien américain n’est plus qu’une question d’heures. Dimanche soir, les démocrates et les républicains ont trouvé un accord sur un programme budgétaire de 900 milliards de dollars. Le vote formel doit avoir lieu ce lundi. La Maison Blanche a fait savoir qu’elle ratifierait le texte. Vendredi, pour faciliter les discussions, le président américain avait signé la prolongation pour deux jours du financement fédéral pour éviter la fermeture des administrations. «Aucun des deux partis ne souhaitait une fermeture des services publics, qui serait inédite en cette période où l’administration a besoin de préparer les dossiers de transition pour le futur gouvernement. Et ils comprennent aussi l’urgence d’un nouveau plan», analysait vendredi Florence Pisani, directrice de la recherche de Candriam, alors qu’une divergence apparaissait sur la disposition d’un sénateur républicain pour limiter encore les capacités de prêt de la Fed à l’avenir.
Chute de la consommation en décembre
Celle-ci a revu ses prévisions et anticipe désormais une contraction du PIB des Etats-Unis à -2,4% pour 2020 (au lieu de -3,7%) ce qui ferait de cette crise un choc moins violent qu’en 2008. «Le pays est entré dans la pandémie plus tard que la zone euro, a été très touché au deuxième trimestre mais, avec moins de contraintes sur la mobilité et des mesures sans précédent qui ont permis un rebond marqué au troisième trimestre», note Jean-Luc Proutat, économiste de BNP Paribas, rappelant son positionnement sectoriel plus diversifié et des gains de productivité liés au fort «désemploi».
L’effet de l’impulsion budgétaire du plan du printemps, avec les chèques aux ménages et indemnités chômage, s’est essoufflé. «Le soutien massif lors de la première vague ne joue plus, et l’accélération de la pandémie rend d’autant plus urgente une nouvelle aide», insiste Bastien Drut, stratégiste de CPR AM. «Ces soutiens directs, qui avaient atteint 12% du PIB trimestriel au printemps, disparaissent alors que le déficit d’emplois dépasse toujours 10 millions», poursuit Florence Pisani.
Le plan prévoit de nouvelles indemnités chômage, des aides aux PME, des vaccinations, et des nouveaux chèques aux adultes voulus par Donald Trump. «Cela devrait apporter le soutien nécessaire en attendant l’immunité collective. Une fois son administration en place, Joe Biden devra convaincre des sénateurs républicains de le suivre sur quelques mesures clés de son programme, ce qui ne semble pas impossible», conclut Florence Pisani.
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