Le pétrole chute avec la menace de libérer les réserves stratégiques
Les contrats Janvier 2022 sur le pétrole sont tombés jeudi à un creux de six semaines, à 77,90 dollars/baril pour le brut WTI et 80 dollars/baril pour le Brent. Cela porte les pertes au cours des deux derniers jours autour de 5% après une remontée en début de semaine, alors que les Etats-Unis demandaient à d’autres grands pays consommateurs de pétrole comme l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Chine d’envisager une libération coordonnée de leurs réserves stratégiques de pétrole afin de faire baisser les prix.
La demande des Etats-Unis reflète la frustration envers l’Organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés (Opep+) tels que la Russie qui ont rejeté les demandes de Washington d’augmenter plus rapidement que prévu leur production alors que l’économie mondiale se remet de la pandémie. L’inflation liée notamment à l’énergie devient un sujet politique. Le président américain Joe Biden doit préparer les élections de mi-mandat de novembre 2022 en essayant de contenir la hausse des prix de l’essence et des autres coûts induits. Il n’a pas vraiment soutenu l’industrie pétrolière américaine lors de sa première année de mandat, notamment en fermant le pipeline Keystone XL devant acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Ouest canadien jusqu’aux raffineurs américains.
Le bureau chargé des réserves d’Etat en Chine a confirmé qu’il travaillait sur une libération de ses réserves de pétrole brut similaire aux efforts précédents, mais refusé de commenter la demande américaine.
Les responsables japonais et sud-coréens ont, quant à eux, confirmé avoir reçu une telle demande, mais ont déclaré qu’ils ne pouvaient légalement pas utiliser la libération des réserves pour baisser les prix. Aucun accord n’a été conclu jusqu’à présent sur une libération coordonnée des approvisionnements.
Les Etats-Unis et leurs alliés avaient déjà coordonné des libérations de réserves stratégiques de pétrole, notamment en 2011 lorsque les approvisionnements ont été touchés par la guerre civile en Libye. Mais la proposition actuelle impliquant la Chine pour la première fois représente un défi sans précédent pour l’Opep. Pékin a d’ailleurs lancé une première vente aux enchères publique de réserves de pétrole brut de l’Etat à un groupe restreint de raffineurs nationaux en septembre, déjà dans le but de stabiliser les prix.
Par ailleurs, l’Opep+ et l’Agence internationale de l’énergie (IEA) ont continué de mettre en garde contre un excédent potentiel de pétrole au cours des prochains mois, et ont appelé à la prudence du côté de l’offre.
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