Le marché du LBO devra patienter avant tout espoir de reprise
Peut-on encore structurer un LBO digne de ce nom ? Avec difficulté semble-t-il, à la lumière du tableau ci-dessous. Les opérations de taille significative (supérieur au milliard d’euros) d’une part sont rarissimes, d’autre part nécessitent un temps infini – quasiment un an pour Techem ! Contrairement à la Bourse, le capital investissement dans son ensemble est un métier peu liquide et moins sensible aux montagnes russes. Les sociétés de gestion, de plus en plus nombreuses, obligées de rendre une partie des fonds à leurs investisseurs ou de revoir leurs ambitions de collecte à la baisse faute de perspectives faisaient partie des plus actives sur le marché (Permira, Charterhouse…). Voici qui ne présage pas d’une reprise du marché à moyen terme.
Mais cela ne signifie pas que les gérants des fonds d’une certaine taille sont inactifs. Au contraire. Pour employer une expression pudique du métier, ils « travaillent le portefeuille ». En clair, l’heure est au redressement des sociétés qu’ils détiennent, et dont l’activité est fortement amoindrie par la crise économique. Cette activité inclut la renégociation des contrats de crédit avec les créanciers, un exercice peu agréable dont ils ne sont pas les spécialistes. Les derniers gros dossiers ayant agité le marché aux dernières heures de l’euphorie LBO sont presque tous dans ce cas : Groupe Monier (ex-Lafarge Roofing, un dossier de PAI Partners), Materis (Wendel), Desjonquères (Cognetas et Sagard)…
Bien sûr, tout n’est pas à l’avenant. Sans faire de bruit, les opérations de capital développement ont confirmé leur emprise sur le marché depuis le début de l’année. De même, les société de gestion spécialisées dans les LBO de petite taille (inférieure ou autour de la centaine de millions d’euros de valeur d’entreprise) mènent leur bonhomme de chemin. MBO Partenaires, Banexi Capital, Turenne, UFG Private Equity, Nexstage… font partie de ceux-là. « Le marché est très difficile, constate néanmoins l’un d’eux. Il y a peu d’opérations, notamment parce que les dirigeants de société font preuve de beaucoup d’attentisme : ils ne souhaitent pas présenter des états financiers dégradés aux investisseurs. De même, nous sommes pragmatiques eu égard aux cessions. Les acheteurs industriels potentiels attendent la fin du semestre pour y voir plus clair. » Avant, peut-être, un frémissement cet été.
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