Le LSE en délicate posture après l’abandon de son offre sur TMX
Le chasseur va-t-il devenir la proie ? En assistant hier soir à l’annulation du projet de fusion de 3,4 milliards de dollars avec TMX, à moins de 24 heures du vote des actionnaires de la cible, le London Stock Exchange (LSE) se retrouve en première ligne. «Il est évident que le seuil des deux-tiers des votes requis pour approuver la fusion n’aurait pas été atteint», a justifié TMX, qui devra verser une indemnité de rupture de 10 millions de dollars canadiens.
Cette annulation surprise constitue une bonne nouvelle pour le consortium canadien Maple Group Acquisition, qui se retrouve désormais seul en lice avec sa proposition de 3,7 milliards de dollars pour emporter l’opérateur du Toronto Stock Exchange. Son offre mixte, qui court jusqu’au 8 août, devra toutefois franchir l’obstacle des autorités antitrust canadiennes. «Ces barrières réglementaires ont toujours été, historiquement au Canada, très importantes», souligne Alison Crostwaith, directeur de la stratégie d’investissement chez Instinet. En réaction à cette décision, Maple a indiqué dans un communiqué qu’il «continuerait de nourrir un dialogue constructif avec les actionnaires (...)».
Mais l’abandon de ce projet est surtout une heureuse nouvelle pour Nasdaq OMX. L’opérateur transatlantique, qui a vainement tenté par deux fois de racheter le LSE en 2006 et 2007, pourrait sauter sur l’occasion et se redonner de l’allant après son offre avortée sur Nyse Euronext. «Nasdaq OMX a fait des offres pour TMX et Nyse Euronext, et regarderait LCH.Clearnet. Le groupe veut grossir et le LSE répond parfaitement à cet objectif», estime Arnaud Giblat, analyste chez UBS. «Etant donné que le LSE a dit à ses actionnaires qu’il avait besoin d’une opération transatlantique, ils pourraient difficilement se défendre si Nasdaq OMX venait à offrir une prime», ajoute-t-il.
L’action Nasdaq OMX a fini la séance en hausse de 4,7%, tandis que celle du LSE avait clôturé sur un gain de 3,1% à 956 pences. La capitalisation boursière combinée de Nasdaq OMX et du LSE atteint 8,5 milliards de dollars, soit davantage que celle du Singapore Exchange et d’ASX, deux acteurs qui ont également vu leur projet de rapprochement tomber à l’eau.
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