Le FMI préconise une taxe sur le «shadow banking»
Le poids du «shadow banking» s’est réduit après la crise de 2008, mais il s’accroît de nouveau, et ce dans des proportions relativement inconnues, les régulateurs avouant leur difficulté à lever le voile sur cette finance parallèle. Si ces derniers ont eu tendance à minimiser les risques de cette pratique ces dernières années, affirmant que le secteur était sous contrôle, une étude publiée récemment par le FMIsouligne les dangers que font peser ces «banques de l’ombre» sur la stabilité financière, dès lors que leur poids augmente outre mesure. A tel point que les auteurs du «working paper» suggèrent l’instauration d’une taxe sur le «shadow banking».
Les banques traditionnelles touchées, directement ou indirectement
Ces structures relevant de la finance parallèle empruntent le plus souvent à court terme pour investir dans des actifs peu liquides. En cas de changement du climat macro-financier, elles sont les premières à souffrir de problèmes de financement, souligne le FMI. Elles se lancent alors dans la vente à marche forcée de leurs actifs, ce qui, comme on l’a vu en 2008, déclenche une chute des valorisations. Les banques traditionnelles qui ont investi dans ces structures sont directement touchées. Elles le sont aussi indirectement, même sans avoir investi dans le «shadow banking», dans la mesure où tout le système financier se trouve à court de liquidité. «Quand le secteur de la finance parallèle prend de l’ampleur, sa liquidation en cas de crise laisse les banques traditionnelles en risque de liquidité» souligne le FMI.
Paradoxalement, la perspective d’interventions de la banque centrale destinées à éviter la chute du système financier, comme celle de la Fed en 2008, qui s’est portée largement acheteuse de titres, encourage la finance parallèle, relève l’étude. Le risque de pertes apparaît en effet moins élevé, aux yeux des acteurs. Du coup, l’effet positif de cette politique de sauvetage s’en trouve réduit, puisque la prise de risques a été accrue ex-ante. Cette politique reste néanmoins nécessaire.
Ce que devraient faire aujourd’hui les autorités, affirment les auteurs, c’est «taxer les profits des banques de l’ombre avec l’objectif de réduire leur taille jusqu’à un niveau compatible avec la stabilité financière». Une taxe sur les passifs de ces structures pourrait avoir un effet équivalent.
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