Le déficit commercial américain continue de se creuser
La politique commerciale de l’administration américaine est encore loin de parvenir aux résultats souhaités par Donald Trump. Le déficit commercial, la seule jauge à l’aune de laquelle le président américain évalue le succès des accords commerciaux, s’est creusé l’an dernier à 621 milliards de dollars, en hausse de 12,5% sur un an et au plus haut depuis dix ans, montrent les données publiées hier par le département du Commerce. Et cette fois, le pétrole n’y est pour rien. Grâce à l’envolée de la production du pétrole de schiste, l’énergie ne pèse plus guère dans la balance commerciale américaine.
Le déficit commercial en biens s’est établi à un niveau record de 891 milliards de dollars, alors que le surplus des services atteignait 270 milliards, là aussi un nouveau record. Le creusement est en partie lié à la politique commerciale agressive poursuivie par Washington.
Impact de la vigueur du dollar
Les importateurs de biens chinois notamment n’ont pas hésité à prendre les devants avant la mise en place des tarifs douaniers. A l’inverse, les exportations vers la Chine ont rapidement souffert des mesures de rétorsions prises par Pékin, en particulier dans le domaine agricole. Les exportations de soja s’inscrivent en recul 4 milliards de dollars l’an dernier, en dépit d’un rebond en décembre. Le déficit en biens vis-à-vis de la Chine a quant à lui atteint un record de 419 milliards de dollars, en hausse de 11,6% sur un an.
L’incertitudecréée par la politique américaine a aussi pesé sur la vigueur de l’activité en Chine et en Europe, limitant les opportunités d’exportations pour les entreprises américaines. La force du dollar a également joué, réduisant le coût des importations tout en augmentant le prix des produits américains pour le reste du monde. Les échanges avec la Chine, le Canada, le Mexique et l’Union européenne ont ainsi représenté 89% du creusement du déficit commercial, alors qu’ils ne pèsent que 66% des importations.
Les déficits jumeaux semblent ainsi bien partis pour s’accentuer outre-Atlantique, alors que les effets de la réforme fiscale ont fait croître le déficit budgétaire de 77%, à 310 milliards de dollars, sur les quatre premiers mois de l’année fiscale 2019, qui débute en octobre, d’après des données publiées mardi par le Trésor. Le déficit budgétaire devrait atteindre près de 900 milliards cette année, selon le Congressional Budget Office.
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