Le ralentissement économique a été plus prononcé que prévu en décembre
La contraction de l’activité dans le secteur privé a été plus prononcée que prévu en France en décembre du fait des perturbations provoquées par le mouvement des «gilets jaunes» et des tensions commerciales internationales, selon la version définitive de l’enquête IHS Markit auprès des directeurs d’achat.
Le mouvement a été particulièrement marqué dans le secteur des services, l’indice des directeurs d’achat (PMI) ayant chuté à 49 le mois dernier contre 49,6 selon l’estimation initiale publiée mi-décembre. Le seuil de 50 départage les phases d’expansion et de contraction.
Le mois dernier, l’activité a ainsi baissé pour la première fois en deux ans et demi et touché un plus bas depuis février 2016, alors qu’en novembre, l’indice des directeurs d’achats s'était établi à 55,1.
L’indice composite, qui combine secteur des services et secteur manufacturier, s'établit à 48,7 en version définitive contre 49,3 en version préliminaire et 54,2 en novembre.
«En décembre, l’indice composite de l’activité globale se replie considérablement par rapport au mois précédent, indiquant une contraction modérée du secteur privé français, la première depuis deux ans et demi sur fond de mouvements contestataires perturbant l'économie», relève IHS Markit dans un communiqué. L’indice PMI du secteur manufacturier était ressorti à 49,7 en décembre dans la version définitive publiée le 2 janvier, inchangée par rapport à la version préliminaire mais en très net repli aussi par rapport à son niveau de novembre (50,8).
«Les manifestations se sont ajoutées à la liste croissante des problèmes auxquels est confronté Emmanuel Macron et pourraient retarder ses réformes promises de longue date du marché du travail», a commenté Eliot Kerr, économiste de IHS Markit. Il a ajouté que le repli inattendu de l’activité le mois dernier représentait un risque baissier significatif pour les perspectives de croissance au quatrième trimestre.
Dans les services, la baisse de la demande s’est traduite par un ralentissement de l’expansion du volume de travail en cours malgré une modération de la croissance de l’emploi sur la période, précise IHS Markit. Les effectifs du secteur ont enregistré leur plus faible hausse depuis vingt mois en décembre, tandis que les perspectives d’activité se sont détériorées pour le troisième mois consécutif, le taux de confiance affichant son plus bas niveau depuis novembre 2016.
En Allemagne, l'économie a souffert d’un ralentissement de la croissance de l’activité du secteur des services, tombée à un plus bas de 27 mois en décembre, selon les résultats définitifs de l’enquête mensuelle de IHS Markit auprès des directeurs d’achat. Les nouvelles commandes s’inscrivent en recul et le moral des dirigeants d’entreprise s’est dégradé.
L’indice PMI des services demeure toutefois au dessus de 50 à 51,8 en décembre après 53,3 en novembre et 52,5 en estimation «flash». L’indice PMI composite, qui regroupe les secteurs de l’industrie manufacturière et des services, a reculé à 51,6 après 52,3 en novembre et 52,2 en estimation «flash».
«En plus des incertitudes persistantes liées au Brexit et aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les craintes d’une ralentissement généralisé de l'économie ont contribué à détériorer la confiance au sein du secteur des services, avec des anticipations sur les perspectives d’activité tombant à leur plus bas niveau en plus de trois ans», a commenté Phil Smith, économiste chez IHS Markit.
Plus positif, en Italie les services ont connu en décembre leur taux de croissance le plus élevé depuis trois mois, laissant présager une possible accélération de la croissance durant le premier semestre 2019, l’indice PMI ayant progressé à 50,5 contre 50,3 en novembre.
Au total en zone euro, l’activité des entreprises a subi en décembre un creux de cinq ans et demi et leurs anticipations, qui n'étaient déjà pas très enthousiastes, se sont encore dégradées. L’indice PMI des directeurs d’achats est resté au-dessus de la barre des 50 mais a fléchi à 51,1 en décembre contre 52,7 en novembre et 51,3 en estimation flash. Il est le plus faible depuis juillet 2013.
Il reste à savoir si ces évolutions rendront plus prudente la Banque centrale européenne (BCE), qui a mis fin en décembre à son programme d’achats d’actifs (QE), l’un des principaux stimulants économiques de la zone euro.
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