Le Bundestag valide le plan à 500 milliards d’euros
Le Bundestag, une des deux chambres du Parlement allemand, a approuvé mardi un projet de loi visant une augmentation massive des dépenses et actant l’abandon de décennies de conservatisme budgétaire dans l’espoir de relancer la croissance économique et d’augmenter les dépenses militaires pour une nouvelle ère de défense collective européenne.
Les conservateurs du futur chancelier, Friedrich Merz, et les sociaux-démocrates (SPD), qui sont en pourparlers pour former une coalition centriste après les élections du mois dernier, souhaitent créer un fonds de 500 milliards d’euros pour les infrastructures et assouplir les règles d’emprunt constitutionnelles afin de permettre une augmentation des dépenses de sécurité.
L’Allemagne et d’autres nations européennes sont sous pression pour renforcer leurs défenses face à une Russie hostile et aux changements de politique américaine sous la présidence de Donald Trump.
«Nous avons ressenti un faux sentiment de sécurité pendant au moins une décennie», a déclaré Friedrich Merz aux parlementaires avant le vote. «La décision que nous prenons aujourd’hui sur la préparation de la défense ne peut être rien de moins que la première étape majeure vers une nouvelle communauté de défense européenne», a-t-il ajouté.
Changement historique
«Après bien des inquiétudes au cours des deux dernières semaines, le Parlement sortant allemand a décidé aujourd’hui de réformer le frein constitutionnel à l’endettement. A notre avis, il s’agit d’un changement historique de régime fiscal, probablement le plus important depuis la réunification allemande», estime Robin Winkler, chef économiste Allemagne de Deutsche Bank. Il prévient toutefois que, «comme pour la réunification, une expansion budgétaire ne garantit pas le succès : le prochain gouvernement devra mettre en œuvre des réformes structurelles pour transformer ce plan budgétaire en une croissance durable».
Le projet de loi doit par ailleurs encore être examiné par le Bundesrat, la chambre haute qui représente les gouvernements des 16 États fédéraux allemands, ce vendredi. Le principal obstacle à son adoption semble toutefois avoir déjà été levé lundi après que les Électeurs libres bavarois ont accepté de lui apporter leur soutien.
Les conservateurs et le SPD voulaient faire adopter la législation, qui nécessite une approbation des deux tiers, par le Parlement sortant, craignant qu’elle ne soit bloquée ultérieurement en raison des sièges remportés au Bundestag par l’extrême droite et l’extrême gauche lors des dernières législatives alors que la nouvelle assemblée prendra ses fonctions le 25 mars prochain. Friedrich Merz a justifié ce calendrier serré par la situation géopolitique en rapide évolution.
(Avec Reuters)
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