L’Allemagne est en bonne voie pour adopter son plan à 500 milliards d’euros
Le futur chancelier allemand, Friedrich Merz, a annoncé vendredi avoir obtenu le soutien crucial des Verts pour une augmentation massive de l’emprunt public, ouvrant la voie à l’approbation par le parlement sortant la semaine prochaine.
Les conservateurs et les sociaux-démocrates, actuellement en négociations pour former un gouvernement après les élections du mois dernier, avaient proposé un fonds de 500 milliards d’euros pour les infrastructures et des changements radicaux des règles d’emprunt afin de renforcer la défense et de relancer la croissance dans la plus grande économie d’Europe.
Avec le soutien des Verts, ils disposent désormais de la majorité des deux tiers nécessaire pour adopter des amendements constitutionnels, le vote étant prévu pour la semaine prochaine.
Merz a justifié la nécessité de faire passer ce plan par le parlement sortant en raison des récents changements de politique aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump, avertissant qu’une Russie hostile et un partenaire américain peu fiable pourraient laisser le continent exposé.
«L’Allemagne est de retour»
«C’est un message clair à nos partenaires... mais aussi aux ennemis de la liberté : nous sommes capables de nous défendre», a déclaré Friedrich Merz, dont les conservateurs ont remporté les élections, lors d’une conférence de presse. «L’Allemagne est de retour. L’Allemagne apporte une contribution significative à la défense de la liberté et de la paix en Europe», a-t-il ajouté.
La nouvelle de cet accord a fait grimper les rendements des obligations d'État de la zone euro, les actions et l’euro, dans la perspective que le plan d’emprunt stimule l'économie européenne dans son ensemble.
Vendredi en fin de journée, le Dax allemand bondissait de 1,9%, le CAC 40 gagnait 1,1% et l’Euro Stoxx 50 avançait de 1,5%. Sur le marché des taux, le bund augmentait de 2,5 pb, à 2,88%, et l’OAT montait de 1,6 pb, à 3,57%. L’euro gagnait 0,2% à 1,087 dollar.
Le futur chancelier souhaite sécuriser les fonds avant la mise en place du nouveau parlement, le 25 mars, où ils risquent d'être bloqués par un contingent élargi de députés d’extrême droite et d’extrême gauche. Le vote au Bundestag aura lieu mardi et celui au Bundesrat vendredi.
3%-4% du PIB
Le compromis conclu avec les Verts comprend l’allocation de 100 milliards d’euros pour le fonds de transformation climatique et économique, sur les 500 milliards d’euros destinés aux infrastructures.
Il prévoit également une modification de la Constitution qui exempterait les dépenses pour la défense, la protection civile et la sécurité de l’information des limites d’emprunt - le soi-disant «frein à l’endettement» - si elles dépassent 1% du PIB.
Ces réformes marqueraient un recul par rapport aux règles d’endettement imposées après la crise financière mondiale de 2008, mais depuis critiquées par beaucoup comme étant obsolètes et bridant le potentiel économique de l’Allemagne.
«Le compromis acté ce vendredi ne modifie pas significativement le stimulus budgétaire attendu à 3%-4% du PIB d’ici 2027 au plus tard» qu’avait calculé Deutsche Bank à partir de la proposition initiale, indiquent les analystes de la banque.
(Avec Reuters)
A lire aussi : Les actions européennes cherchent le soutien des investisseurs
Plus d'articles du même thème
-
Les dettes bancaires souffrent du «sell-off» obligataire sur la France
Le risque de crédit des banques françaises a bondi au-delà de celui de leurs principaux homologues européens, mais les dettes bancaires subordonnées AT1 ont souffert aussi plus globalement de la hausse des taux. -
Les gestionnaires d'actifs réduisent la voilure sur la dette française
Si une partie du risque politique et budgétaire est déjà intégrée dans les prix, les spreads pourraient encore s’écarter à court terme. Face à cette incertitude, les investisseurs raccourcissent les durations et se couvrent sur la dette tricolore. -
Corentine Poilvet-Clédiere (LSEG Group) : «Le grand moment de l’extension de la compensation du repo aux institutionnels approche»
La directrice générale de LCH SA (depuis 2023) et responsable de London Stock Exchange Group en France (depuis 2025) détaille pour L’Agefi les grands chantiers de l’opérateur dans l’Hexagone.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLa souveraineté, comme un cabri
Jeannette zu Fürstenberg, présidente de General Catalyst, cite le Général à propos de ce qu'elle préfère appeler l'autonomie stratégique : « Je ne suis pas anti-américain, je suis simplement anti-dépendance » -
Entre deux chaisesLes souverainistes de retour à la tête d'un Québec plus anti-indépendance que jamais
Les souverainistes du Parti québécois ont remporté les élections législatives dans la province lundi. Ils promettent un référendum pour se séparer du Canada, au moment où l'indépendance n'a jamais été aussi impopulaire dans les sondages -
Budget : en quête de crédibilité, Marine Le Pen ne renonce pas à la radicalité
140 milliards d’euros d’économies, une règle d’or, des marchés à rassurer : le RN promet une mue gestionnaire en vue de 2027. Mais derrière la peinture budgétaire, les marqueurs radicaux demeurent, sur fond d’affaire Bardella qui hante encore le parti