L’Allemagne peut moins compter sur la Chine comme partenaire commercial
Dans un entretien au magazine Focus, le chancelier Olaf Scholz s’est déclaré vendredi «surpris de voir à quel point certaines entreprises allemandes se sont rendues dépendantes du marché chinois et ont complètement ignoré les risques». De retour d’un voyage critiqué en Chine début novembre, le dirigeant allemand a exhorté à davantage de diversification en termes de fournisseurs et de matières premières.
Du côté des exportations, celles de l’Allemagne vers la Chine ont chuté depuis trois ans en volumes (tonnes de marchandises) selon les données de Destatis, et aussi en valeur depuis le sommet de 110 milliards de dollars en 2020 (86 en 2012). Le mouvement baissier se poursuit également concernant les exportations vers la zone euro et le Royaume-Uni.
La demande pour les biens allemands - plus haut de gamme - reste assez captive : «Pour l’ensemble des secteurs agrégés de l’industrie, l’élasticité prix à la demande des exportations en volume est presque deux fois inférieur en Allemagne (-0,4% de la demande pour une hausse de prix de 1%) qu’en France (-0,7%), rappelle Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez BNP Paribas. L’économie allemande reste l’une des plus innovantes - 5è pays avec 10% des brevets déposés dans le monde en 2020 -, et également l’une des plus en avance dans la digitalisation de ses processus de production, et dans l’automatisation avec 230.000 robots industriels.» Mais conserver cette compétitivité à l’export nécessitera de bien gérer la crise énergétique actuelle.
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