La volatilité obligataire à court terme remonte avec l’incertitude
Bien que très au-dessous de sa moyenne d’avant 2008, l’indice Move de la volatilité implicite (options à un mois) sur les obligations d’Etat américaines est remonté fortement autour du dernier comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed, et encore plus depuis le 4 novembre : de 66 à près de 82 points de base (pb). Cet indice portant sur les options sur les US Treasuries à 2 ans (20%), 5 ans (20%), 10 ans (40%) et 30 ans (20%), «il est intéressant de noter que, pour une fois, ce n’est pas comme d’habitude par les options sur les 10 ou 30 ans qu’il bouge, mais bien par celles sur les 2 et 5 ans, remarque Guillaume Martin, stratégiste taux chez Natixis. Cela indique la montée de l’incompréhension entre le discours de la Fed, qui temporise et repousse sa remontée des taux parce qu’elle a un double mandat sur l’emploi et l’inflation, et les marchés qui lui font confiance sur sa capacité à maîtriser l’inflation mais voudraient la voir agir plus vite.» La nervosité est d’autant plus importante que la variation relative n’est pas reflétée dans cet indice en valeur absolue (et non en pourcentage).
«Il y a une nervosité obligataire certaine sur la partie courte de la courbe, puisque les marchés valorisent quasiment trois hausses des taux Fed funds en 2022, trois autres en 2023, puis plus rien : cette absence de continuité montre bien qu’ils voient la Fed réagir au pic d’inflation qui approche, et à la croissance économique qui est repartie, mais que cela ne durera pas au-delà, ajoute François Rimeu, stratégiste taux de La Française AM. Ils achètent volontiers les US Treasuries à 2 ans, dont les rendements sont passés de 0,37% à plus de 0,50% en un mois et ne présentent plus tellement de ‘risques de hausse’ (vs forwards) par rapport aux taux plus longs. Il semble risqué de jouer cette montée d’incertitude via les options.»
Après février, les marchés ont fini par être convaincus que la stratégie monétaire flexible pouvait être adaptée à une crise inédite. «Mais ils viennent à nouveau tester, non pas les fondamentaux de ce nouveau cadre, mais ses limites opérationnelles (qui n’ont d’ailleurs pas été chiffrées en août 2020), poursuit Guillaume Martin. Autrement dit, ils sont d’accord sur 5 ou 6 hausses de taux qui porteraient les Fed funds à 1,50% ou 1,75%, mais ils désapprouvent le calendrier proposé par les membres les plus influents de la Fed», dont on sait qu’ils ont un biais accommodant et sont souvent en retard sur une politique monétaire qui met au moins six à douze mois à se transmettre à l’économie.
{"title":"","image":"244754»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir d’une paix durable s’envole au Moyen-Orient
La reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran, qui affecte les pays du Golfe, suscite également une controverse à propos du détroit d’Ormuz. -
Les gouverneurs de la Fed se préoccupent de l’IA
Le compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire, de même que les interventions des gouverneurs comme John Williams, montrent que l’intelligence artificielle est devenue désormais la principale source d’inquiétude concernant l’inflation à court et moyen terme. -
«Pour assister à un krach sur le crédit, il faudrait un recours bien plus important au levier»
Julien Houdain, responsable de la gestion obligataire chez Schroders.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
- Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham a engrangé assez de soutien au Labour pour devenir Premier ministre
L'ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a obtenu le soutien nécessaire des députés travaillistes. Il lui reste a gagner l’aval de trois organisations affiliées, dont au moins deux syndicats. Ce qui devrait être une formalité -
Une vague de nationalisme submerge les diplomates iraniens
La ferveur nationale attisée par le conflit entrave les efforts de compromis et donne aux partisans de la ligne dure les moyens de contrecarrer toute avancée -
Voilà du boudin« L'intégration dans la Légion étrangère fonctionne dans un cadre particulier, coupé du reste de la société »
Unité emblématique de l’armée française, la Légion étrangère est un creuset réussi d’intégration, tourné vers le combat. Un livre ausculte ce monde à part