La volatilité obligataire à court terme remonte avec l’incertitude
Plutôt au-dessous de sa moyenne historique depuis mai, l’indice Move de la volatilité implicite (options à un mois) sur les obligations d’Etat américaines à dix ans est remonté soudainement mardi soir de 39,8% à 57,8%, soit avec +45% sa plus forte hausse journalière depuis le lancement de l’indice à la fin des années 80 (plus que début mars quand la hausse s’était étalée sur trois jours). Après quatre mois de calme, la volatilité historique est également remontée : le taux à 10 ans américain est passé de 0,65% lundi matin à 0,79% mardi après-midi, puis à 0,73% après le tweet de Donald Trump annonçant la suspension jusqu’au 3 novembre des négociations avec les démocrates sur un plan de relance.
«Ce regain de tension sur le marché des taux aux Etats-Unis est clairement lié à une remontée soudaine de l’incertitude liée à ce plan de relance», estime Stéphane Deo, stratégiste de LBPAM. Cela met fin à deux semaines au cours desquelles les marchés avaient repris un peu de goût pour le risque en voyant s’éloigner l’hypothèse d’une élection contestée de Joe Biden – en hausse dans les sondages – ainsi que celle d’un reconfinement massif généralisé - malgré la remontée des contaminations au Covid-19 qui restent malgré tout contenues. Ce retrait de l’aversion pour le risque s’était même manifesté depuis cinq jours par une rotation sectorielle sur les actions en faveur des valeurs bancaires et autres cycliques… jusqu’à la chute du S&P 500 de -1,4% en une demi-heure mardi soir.
«Alors qu’en général les mouvements d’incertitude se reportent à peu près de la même manière sur les différents marchés quel que soit leur niveau de départ, la volatilité des options à un mois sur les actions américaines (VIX) restait très largement au-dessus de sa moyenne historique depuis mai, et encore en septembre. Les marchés de taux bénéficiaient donc jusque-là des communications et des interventions de la Fed», remarque Stéphane Deo. Comme si cela pourrait ne plus suffire dans les prochaines semaines, alors que la décision présidentielle est tombée peu après le discours de Jerome Powell sur la nécessité d’un plan additionnel aux Etats-Unis.
Contrairement à la remontée de l’indice Move lors des tensions commerciales avec la Chine en juin 2019, ce nouveau mouvement de volatilité semble également concerner les options à plus long terme sur taux longs, un signe que l’incertitude n’est plus autant liée à la politique monétaire de la Fed qu’aux questions d’ordre budgétaire.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous privilégions l’hypothèse d’un resserrement limité des taux de la BCE»
Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions. -
L'inflation américaine s'est stabilisée à 3,4% en août
La hausse des prix est conforme aux attentes. L'inflation de base a légèrement ralenti, à 2,4% sur un an. Les taux souverains se replient. -
Un grand test de l’automne pour les banques centrales
Entre une inflation – pour l’instant surtout liée à un choc d’offre exogène pour la zone euro et le Royaume-Uni – et des taux longs très élevés qui durcissent naturellement les conditions financières, les grandes banques centrales pourraient sans doute être un peu plus patientes que ne l’attendent les marchés. Mais dans un contexte très favorable à la «dominance budgétaire», ces derniers ont besoin de certitudes sur l’indépendance des gardiennes des monnaies.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : malgré les scandales, Reform UK reçoit deux dons de plus de 80 millions d’euros
Pour justifier leurs dons, deux milliardaires, Ben Delo et Christopher Harborne, ont indiqué vouloir « des conditions équitables » pour le parti d’extrême droite Reform UK, fondé par Nigel Farage -
Une quarantaine de blessés : le point sur le déraillement d'un TER reliant Rouen à Caen
Le train, qui transportait 186 passagers, a déraillé entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon, dans la Seine-Maritime, vendredi 11 septembre. D’après les premiers éléments de l’enquête, un rail a été retrouvé sur la voie -
Prix des carburants : le spectre des Gilets jaunes ressurgit sur les réseaux sociaux
Si des appels à la mobilisation générale pour le 17 octobre prochain essaiment sur les réseaux sociaux, l’exécutif, lui, temporise, estimant que les situations de 2018 et 2026 ne sont pas « comparables »