La titrisation des crédits aux PME est jugée sans avenir
Les régulateurs ont tort de persister à encourager l’expansion des marchés de la dette titrisée pour financer les PME. Selon le Groupe des trente (G30), un think tank composé d’anciens banquiers centraux, ils devraient concentrer davantage leurs efforts sur le marché actions et le placement privé pour financer les PME, selon un rapport sur la finance parallèle (shadow banking) publié la semaine dernière.
Les PME sont financées en majorité par les banques, à hauteur de 68% de leurs encours de dette en Europe de l’Ouest, et non par les marchés de capitaux, rappellent les auteurs du rapport. Les émissions des PME sur les marchés obligataires sont en effet très limitées car les volumes de crédit sont souvent trop faibles pour permettre la liquidité de ces actifs.
Il faut donc limiter les contraintes réglementaires imposées aux banques plutôt que de tenter de développer un marché de titrisation de la dette «midcap», «sans doute impossible à mettre en place» affirme Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, cité dans le communiqué de presse qui accompagne le rapport. En effet, 86% des crédits aux PME titrisés le sont pour être déposés par les institutions bancaires comme garantie auprès des banques centrales.
Il serait plus efficace de favoriser la titrisation des crédits aux ménages, immobilier en tête, qui constituent le gros des bilans bancaires, souligne le G30. «Cela aiderait à libérer du capital bancaire qui pourrait se concentrer sur des secteurs (comme les PME) où les marchés de capitaux joueront inévitablement un rôle plus faible», notent les auteurs du rapport. Toutes les juridictions ne luttent cependant pas à armes égales. Aux Etats-Unis, où le système repose sur les agences de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, la dette des ménages est à 55% titrisée. La proportion tombe à 15% au Royaume-Uni et seulement 3% en France.
Les volumes de MBS placés sur le marché ont par ailleurs plongé depuis la crise de 2007-2008. Certains banquiers européens appellent ainsi de leurs vœux la création d’un Fannie Mae européen, qui a cependant peu de chances d’aboutir. «Le défi est donc de faciliter le développement de chaînes de structuration et de distribution de titrisations immobilières qui soient solides, standardisées et transparentes, en évitant les caractéristiques qui ont conduit à la crise de 2007-2008», note le rapport.
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