La tendance est au rattrapage sur les actions européennes
On observe depuis trois ans une succession d’évènements majeurs d’ordre géopolitique, sanitaire ou monétaire. Ce contexte plutôt instable ne favorise pas la mise en place de tendances durables au sein des différentes composantes sectorielles et stylistiques qui composent le marché actions européen. Depuis 2020, on observe en effet une succession de séquences souvent opposées et peu durables, autrement dit une succession de séquences de rattrapage. La matrice de momentum des secteurs européens au 31 octobre l’illustre parfaitement.
De rattrapages en rattrapages
Les secteurs qui affichent les meilleures performances récentes sont aussi ceux qui, il y a peu, ont rencontré les pires vicissitudes. Le cas de l’énergie et des minières est à cet égard emblématique. Secteurs «stars» de 2022, en étant les seuls secteurs positifs l’année dernière, secteurs perdants du premier semestre 2023 (les deux seuls négatifs du premier semestre), et à nouveau surperformants et engagés dans une «recovery» depuis fin juin. Les services financiers (au sein desquels se trouvait Credit Suisse) connaissent également un fort rattrapage en relatif depuis les déboires du mois de mars, et intègrent ainsi le cadran «Recovery» de notre matrice.
Inversement, les pires performeurs depuis six mois sont aussi ceux qui avaient connu le meilleur démarrage annuel à l’instar des secteurs voyages & loisirs et biens de consommation. Les espoirs associés à la réouverture de l’économie chinoise les avaient puissamment soutenus en début d’année. La déception quant à la vigueur de la reprise économique en Chine, les a depuis fortement pénalisés.
La hausse des taux est la seule tendance observable depuis 2020
De rares secteurs échappent toutefois à cette instabilité. Et de manière logique, cela concerne les secteurs sensibles aux taux. La hausse des taux est en effet la seule tendance durable que l’on peut observer sur les marchés financiers. Les banques et les assurances sont ainsi des secteurs «stars», réguliers dans leur surperfomance. A l’inverse, les secteurs défensifs de «visibilité», que l’on qualifie parfois de «proxy bonds» (quasi-obligations) sont durablement pénalisés en relatif par le resserrement monétaire et la hausse des taux résultante. L’agroalimentaire, l’immobilier, voire les «utilities» rentrent dans ce cadre.
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