La Place de Paris s’interroge sur les intentions de Nadasq OMX et ICE
Comme elle l’a déjà fait avec ceux de Deutsche Börse et de Nyse Euronext, la Place de Paris attend de rencontrer les dirigeants du Nasdaq OMX et de ICE pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de leur contre-offre sur la bourse transatlantique. Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, ne veut pas «que l’avenir des Bourses européennes ne dépende que d’opérations financières, sans que puissent être discutées les règles, leur stratégie, et sans que les attentes des utilisateurs en Europe, et en France notamment, ne soient prises en compte».
L’AMF, de son côté, indiquait hier qu’il «appartient aux managements et aux organes de direction de Nyse Euronext de juger de la pertinence de cette offre par rapport au projet de fusion de Deutsche Börse. En tant que régulateur, l’AMF reste ainsi «vigilant à ce que l’évolution de Nyse Euronext préserve et permette de développer la compétitivité, la sécurité et l’efficacité des marchés financiers sur la Place de Paris».
Bob Greifeld et Jeff Sprecher ont en tout cas envoyé hier un signal à Paris. Les patrons du Nasdaq et d’ICE ont évoqué hier dans un entretien au Figaro l'éventuel rapatriement, dans la capitale française, des serveurs informatiques sur le cash actions, dont le transfert à Londres, annoncé en 2009, avait fait grincer des dents. «Nous allons en examiner la faisabilité dans la prochaine phase de notre démarche», a indiqué Bob Greifeld. L’impact serait réduit en termes d’effectifs pour Euronext - le gros des troupes de sa filiale Nyse Technologie est basé à Paris - mais pas en termes de localisation des courtiers.
Vu l’offre complexe du Nasdaq OMX et ICE, le conseil d’administration de Nyse Euronext ne devrait pas se tenir avant une à deux semaines car, selon une source proche du dossier, il doit vérifier que les apports du projet seront bénéfiques à long terme. La partie cash de la contre-offre est un atout non négligeable. Les analystes de Barclays et SG CIB estiment que l’offre a du sens stratégique, vu que Nasdaq reprendrait la partie cash actions de Nyse Euronext et ICE, les dérivés.
Mais l’offre concurrente de Deutsche Börse a un atout politique à jouer. Le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier a ainsi déclaré hier que Bruxelles «souhaitait que les places financières européennes soient fortes, qu’elles aient une dimension mondiale», mais «pas que l’Europe devienne un sous-traitant».
Plus d'articles du même thème
-
Casino de Cannes va pouvoir sortir de la cote
L’Autorité des marchés financiers vient d’accorder son feu vert à l’offre publique de retrait de SPD (famille Barrière) sur les actions Société fermière du casino municipal de Cannes (SFCMC). -
L’OCDE milite pour une amélioration des infrastructures détruites lors de catastrophes
Face aux catastrophes naturelles qui détruisent régulièrement les infrastructures, l’OCDE encourage les gouvernements et les acteurs privés à investir dans la reconstruction de façon à renforcer leur qualité et leur résilience. -
Les Etats-Unis présentent un très bon rapport sur l’emploi
Les nouvelles créations d’emplois nettes sont apparues spectaculaires sur un mois, en octobre (+165.000), réduisant aussi le chômage de 4,2% à 4,1%. Mais le marché du travail américain reste assez figé, laissant peu de place à de fortes augmentations sur les salaires. Ce qui ne change pas grand-chose aux prévisions de hausses de taux modérées du côté de la Fed.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
L'heure du choixPrésidentielle : la tentation Christine Lagarde
La présidente de la BCE affirme ne pas vouloir être candidate. Dans les milieux politiques et économiques, certains l'y encouragent pourtant. Elle dispose de quelques semaines pour trancher définitivement -
Radicalement centristesMidterms : chez les démocrates, les socialistes ont fait du bruit, les modérés ont fait la différence
Les candidats du courant socialiste ont fait du bruit tout au long de la campagne des midterms et quadruplé leur nombre au Capitole. Mais, selon notre analyse, la future majorité démocrate à la Chambre sera dominée par l'aile modérée -
A domicileA Hénin-Beaumont, terre RN, la colère sans la rue
Dans le fief du RN, la colère contre la vie chère est partout, sauf dans la rue. Résignation, ressentiment contre ceux qui seraient trop aidés, attente d’une alternance électorale… les frustrations individuelles ne se transforment pas en mobilisation