La livre et les obligations britanniques poursuivent leur chute
Du jamais vu sur le marché des changes. Le cours de la livre sterling est tombé lundi matin à son plus bas niveau historique face au billet vert, rapporte Reuters, à 1,034 dollar, avant de se reprendre. La devise britannique a chuté de près de 5% à l’ouverture des marchés asiatiques lundi en réaction à de nouvelles déclarations ce week-end de Kwasi Kwarteng, le ministre des Finances britannique. Peu avant midi, la livre valait 1,07 dollar.
En quelques jours, la monnaie britannique a perdu plus de 6% face au billet vert et 4% face à l’euro. Les investisseurs s’inquiètent de la politique économique et budgétaire de la nouvelle Première ministre du Royaume-Uni, Liz Truss, détaillée vendredi par son ministre des Finances, qui prévoit des baisses d’impôt et un creusement des déficits.
Journée noire
«Vendredi a été l’un des jours les plus sombres pour les actifs en livres sterling après un énorme cadeau fiscal dans ce qui était un mini-budget dans son nom mais pas dans sa nature», ironisait ce matin Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, dans une note. Avec notamment la troisième pire performance pour la livre depuis le mercredi noir de 1992, après celle qui avait suivi la chute post-Brexit et celle en pleine crise pandémique.
Les obligations souveraines britanniques sont également fortement sous pression. Le taux du Gilt à deux ans bondissait de 53 points de base (pb) lundi en fin de matinée, à 4,52% contre 3,13% il y a une semaine (et 3,54% avant l’annonce du mini-budget par Kwasi Kwarteng). Le taux de l’obligation à 10 ans s’écartait encore de 35 pb à 4,17%, en hausse de 100 pb depuis le 19 septembre.
Au-delà des craintes spécifiques des investisseurs concernant la trajectoire économique du Royaume-Uni, la livre est également pénalisée par le renforcement généralisé du dollar. L’indice DXY, qui compare le billet vert aux principales autres devises, a grimpé de plus de 3% en une semaine, touchant un plus-haut depuis plus de 20 ans à 114,5 dans la nuit de dimanche à lundi.
Le pétrole en repli
Mécaniquement, l’appréciation du dollar pèse sur le pétrole, libellé en billets verts, qui est tombé lundi matin sous 85 dollars pour le baril de Brent, à un plus bas depuis janvier dernier. Le WTI américain est de son côté passé sous 80 dollars le baril.
L’or noir est pénalisé depuis plusieurs semaines par les craintes de récession qui sont susceptibles de peser sur la consommation mondiale d’hydrocarbures. Depuis un pic établi à 125 dollars au printemps dernier, le Brent a plongé de plus de 30%.
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