La fusion AMB-ProLogis pousse à la concentration dans l’immobilier logistique
L’immobilier logistique est à présent dominé par un géant, Prologis. Ce groupe est issu de la fusion, qui vient d'être finalisée, des américains ProLogis et AMB, les deux premiers acteurs du secteur. Elle donne naissance à une entreprise affichant un patrimoine de 44 milliards de dollars (30 milliards d’euros), dont 25,7 milliards de dollars gérés pour compte de tiers dans des fonds. A titre de comparaison, l’autre grand groupe d’immobilier logistique, l’australien Goodman, est loin derrière, à la tête de 13 milliards d’euros d’actifs.
C’est la crise qui a poussé ces deux groupes à se rapprocher. «Après la fusion, nous aurons un meilleur accès aux marchés financiers», a expliqué hier Philip Dunne, directeur général Europe du nouveau groupe lors d’une conférence de presse. «Nous voulons répondre aux besoins de nos clients, quelles que soient les conditions de marché, a ajouté François Rispe, le nouveau patron pour l’Europe du Sud. Comme notre métier est très capitalistique nous avons recours à la dette de façon régulière. Grâce à notre taille, nous pourrons obtenir de meilleures conditions de financement». Tirant les leçons de la crise, Prologis souhaite aussi réduire son effet de levier. Il s’est fixé pour objectif de passer son ratio de dette sur valeur de l’actif de 40% à 30-35% et de retrouver sa notation BBB+.
Présent dans 22 pays, Prologis sert en premier lieu des opérateurs mondiaux tels que DHL, Kuehne+Nagel et Home Depot qui sont ses clients les plus importants. Si les doublons entre AMB et ProLogis sont nombreux aux Etats-Unis, les portefeuilles européens sont, eux, complémentaires, AMB étant jusqu’ici peu implanté sur le Vieux Continent. En Europe, la nouvelle entité détient 13,6 millions de m². Le groupe mise aussi sur la Chine où AMB était déjà implanté.
La création de ce nouveau leader mondial dans l’immobilier logistique s’intègre au mouvement de concentration qui est en train de s’amorcer dans l’immobilier. En début d’année, le conseil en immobilier CB Richard Ellis a repris la société de gestion ING Reim, et, tout récemment, un autre conseil, Jones Lang LaSalle, s’est emparé de son concurrent britannique King Sturge. «Les agents se regroupent et il est vraisemblable que des investisseurs se rapprochent aussi, estime François Rispe. D’ici deux à cinq ans, nous devrions assister à d’autres concentrations, qui seront plus importantes si les conditions économiques sont mauvaises».
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