La fintech de place LiquidShare débutera sa phase commerciale en 2019
LiquidShare n’en est plus au stade de l’esquisse. Portée sur les fonts baptismaux en juillet 2017 par la Place financière de Paris, cette fintech spécialisée dans le traitement post-marché des titres de PME a présenté en fin de semaine dernière les résultats d’un premier projet pilote. Une maturation qui survient près de trois ans après les premières réflexions engagées par BNP Paribas, la Société Générale, Euronext, la Caisse des dépôts, Paris Europlace, Euroclear, la Sicav de place S2iem et Caceis (groupe Crédit Agricole), tous actionnaires de LiquidShare, pour simplifier le traitement post-négociation des titres de PME cotées et non cotées. Et, partant, lever un frein à leur cotation en Bourse.
Avec pas moins de six intermédiaires, que sont la chambre de compensation LCH-Clearnet, le dépositaire central Euroclear et les quatre conservateurs de titres de l’acheteur et du vendeur, l’infrastructure post-marché actuelle présente «une complexité qui fait que certaines PME ne vont pas en Bourse», explique Thibaud de Maintenant, directeur général de LiquidShare.
La start-up a pour ambition de réduire le nombre de ces intermédiaires, au moyen d’une blockchain privée «reposant sur l’utilisation d’un registre virtuel de données distribué et partagé entre de multiples parties». D’une part, cette technologie divise par quatre «au moins» le coût du règlement-livraison, d’où une diminution de l’écart entre prix d’achat et prix de vente permettant in fine d’améliorer la liquidité des titres, souligne LiquidShare. D’autre part, la blockchain aide les PME à identifier leurs actionnaires boursiers beaucoup plus aisément que ne le permet la traditionnelle procédure de TPI (titre au porteur identifiable), souvent onéreuse et longue pour ce type d’entreprises.
Le premier pilote, lancé en décembre dernier avec les actionnaires de LiquidShare, a permis de valider l’infrastructure conçue par la fintech. Cette dernière s’apprête à effectuer de nouveaux tests, avec un comité de pilotage conduit par elle-même et Euronext et étendu à l’AFG, l’Amafi et l’AFTI (Association française des professionnels des titres). Le développement commercial de LiquidShare interviendra quant à lui au quatrième trimestre, indique Thibaud de Maintenant. La jeune pousse, dans laquelle ses actionnaires ont investi à parts égales un total de l’ordre de 15 millions d’euros, demeure en revanche silencieuse sur ses objectifs financiers.
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