La Fed va devoir négocier la fin de son resserrement monétaire
Si une quatrième hausse de taux en 2018 semble acquise pour la Fed lors de sa réunion mercredi, le marché n’en voit plus qu’une autre l’an prochain avant la fin de son cycle.
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Patrick Aussannaire
Réunion du FOMC de la Réserve fédérale avec Jerome Powell, président de la Fed (à gauche).
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Crédit Fed.
À l’instar de la BCE la semaine passée, la Fed va devoir négocier sa dernière réunion de 2018 ce mercredi. Et si l’autorité de la zone euro a préparé les marchés au début de sa normalisation l’an prochain, la Fed va elle devoir soigner sa communication pour annoncer ce qui devrait être la dernière année de son cycle de hausses des taux Fed Funds sans envoyer le signal qu’une récession est en vue. Avant cela, si un relèvement est acquis mercredi, pour la quatrième et dernière fois de l’année, c’est l’évolution de l’économie et de l’inflation américaines qui déterminera le nombre et le moment des resserrements de l’an prochain. Or, les marchés sont devenus de plus en plus pessimistes en ne tablant que sur un seul, ou au mieux deux tours de vis en 2019.
Ces anticipations s’éloignent ainsi de plus en plus de celles réalisées en septembre par les membres du FOMC, qui anticipaient en moyenne trois nouvelles hausses de taux en 2019, et une autre en 2020, pour porter les Fed Funds à un niveau final de 3,375% se situant en haut de la fourchette d’estimation du taux neutre de 2,5% à 3,5%. Le marché prévoit ainsi une révision à la baisse des «dots» mercredi, depuis les propos plus prudents de Jerome Powell sur le potentiel supplémentaire de hausses de taux déterminé par les chiffres d’activité. Le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis a réduit la possibilité d’un nouveau plan de relance budgétaire de l’administration Trump qui prendrait& le relais du précédent, dont les effets positifs sur l’économie s’estompent progressivement.
Le consensus anticipe en 2019 un ralentissement de la croissance à environ 2%, revenant ainsi à un rythme proche de son potentiel. L’aplatissement de la courbe des taux américaine, qui a commencé à s’inverser sur la partie 2 à 5 ans, comme le fort décrochage des anticipations d’inflation, de 35 pb depuis octobre en-dessous de 2% pour la première fois depuis fin 2017, envoient cependant le signal d’une possible récession aux Etats-Unis dès 2020, qui a commencé à être intégrée par les forwards. Pour piloter sa politique monétaire, la Fed pourra aussi jouer sur le rythme de réduction de son bilan, dont le poids a reculé de 5,7 points depuis son point haut atteint fin 2014, pour reculer sous les 20% du PIB américain, encore loin de son niveau d’avant crise inférieur à 10%.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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