La Fed va devoir négocier la fin de son resserrement monétaire
À l’instar de la BCE la semaine passée, la Fed va devoir négocier sa dernière réunion de 2018 ce mercredi. Et si l’autorité de la zone euro a préparé les marchés au début de sa normalisation l’an prochain, la Fed va elle devoir soigner sa communication pour annoncer ce qui devrait être la dernière année de son cycle de hausses des taux Fed Funds sans envoyer le signal qu’une récession est en vue. Avant cela, si un relèvement est acquis mercredi, pour la quatrième et dernière fois de l’année, c’est l’évolution de l’économie et de l’inflation américaines qui déterminera le nombre et le moment des resserrements de l’an prochain. Or, les marchés sont devenus de plus en plus pessimistes en ne tablant que sur un seul, ou au mieux deux tours de vis en 2019.
Ces anticipations s’éloignent ainsi de plus en plus de celles réalisées en septembre par les membres du FOMC, qui anticipaient en moyenne trois nouvelles hausses de taux en 2019, et une autre en 2020, pour porter les Fed Funds à un niveau final de 3,375% se situant en haut de la fourchette d’estimation du taux neutre de 2,5% à 3,5%. Le marché prévoit ainsi une révision à la baisse des «dots» mercredi, depuis les propos plus prudents de Jerome Powell sur le potentiel supplémentaire de hausses de taux déterminé par les chiffres d’activité. Le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis a réduit la possibilité d’un nouveau plan de relance budgétaire de l’administration Trump qui prendrait& le relais du précédent, dont les effets positifs sur l’économie s’estompent progressivement.
Le consensus anticipe en 2019 un ralentissement de la croissance à environ 2%, revenant ainsi à un rythme proche de son potentiel. L’aplatissement de la courbe des taux américaine, qui a commencé à s’inverser sur la partie 2 à 5 ans, comme le fort décrochage des anticipations d’inflation, de 35 pb depuis octobre en-dessous de 2% pour la première fois depuis fin 2017, envoient cependant le signal d’une possible récession aux Etats-Unis dès 2020, qui a commencé à être intégrée par les forwards. Pour piloter sa politique monétaire, la Fed pourra aussi jouer sur le rythme de réduction de son bilan, dont le poids a reculé de 5,7 points depuis son point haut atteint fin 2014, pour reculer sous les 20% du PIB américain, encore loin de son niveau d’avant crise inférieur à 10%.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation accélère plus que prévu aux Etats-Unis
L’indice d’inflation CPI est ressorti à 3,7% au lieu de 3,6% attendu sur un an en septembre, notamment à cause des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente a atteint 2,6% au lieu de 2,5%, ce qui a remonté la probabilité d’une hausse des taux Fed dès octobre. -
Andrew Balls (Pimco) : «La croissance résiste mais les risques augmentent aussi»
La société de gestion spécialisée sur les marchés obligataires et de crédit a publié ses dernières perspectives. Le directeur des investissements obligataires, Andrew Balls, résume, en avant-première pour L’Agefi, cette analyse sur l’économie et la dynamique pour les marchés de taux et de crédit. -
«Les anticipations de hausses de taux sur les marchés nous semblent encore excessives»
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainQuand Napoléon, les supermarchés et la politique font bon ménage
Originales, puissantes, hautement rentables, les dix-sept enseignes britanniques et leurs 87 000 succursales sont un monument historique -
L'Assemblée vote la contribution française à l'UE malgré l'opposition du RN et de LFI
Malgré les votes contre des troupes de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, l'Assemblée nationale a voté la contribution française au budget de l’Union européenne (UE) dans le budget 2027, à hauteur de 30,9 milliards d’euros -
Rupture de contratTransport maritime : comment Londres veut couper le robinet du GNL à Moscou
Limiter les services aux méthaniers russes, chargés de transporter le gaz naturel liquéfié, entraverait leur accès aux ports de livraison