La Fed choisit de ne rien changer avant décembre
Sans surprise, la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de laisser sa politique monétaire inchangée, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC), hier. La banque centrale a maintenu ses taux dans la fourchette initiale de 2-2,25% adoptée le 26 septembre dernier. Cette décision, prise à l’unanimité des 9 membres du FOMC, est conforme aux attentes de Wall Street. Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ne devraient guère modifier les projets de la Fed – pour l’instant. «Nous estimons que les ‘midterms’ contribuent largement à maintenir la Fed sur la voie d’un relèvement progressif des taux et de la réduction du bilan, plutôt que d’aller plus vite», estiment les stratèges d’Invesco.
Son appréciation de la perspective économique n’a guère varié depuis septembre. Avec un chômage à 3,7%, le plus bas depuis 48 ans, «le marché du travail a continué de se renforcer (…), et l’activité économique a progressé à un rythme soutenu», déclare la Fed dans un communiqué laconique. L’inflation reste orientée à la hausse, les risques entourant les perspectives économiques demeurent «à peu près équilibrés». Seule nuance aux yeux de la Fed, la croissance de l’investissement des entreprises «s’est modérée par rapport au rythme soutenu observé plus tôt dans l’année».
Selon une première estimation publiée fin octobre, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé en rythme annualisé de 3,5% au troisième trimestre. Un chiffre bien supérieur à celui de 2% considéré par la Fed et par nombre d'économistes indépendants comme sa tendance de fond. Les dépenses des ménages «ont continué à croître fortement». La vigueur de la consommation a donc compensé le coup de frein aux investissements des entreprises et aux exportations. Tout juste la banque centrale a-t-elle commencé à débattre de la possibilité que l’expansion de l'économie ait atteint un point haut, les effets bénéfiques des baisses d’impôts massives décidées par l’administration Trump commençant à se dissiper.
Le FOMC semble avoir été peu marqué par les conditions boursières. «Le plus intéressant est de noter l’absence de référence à la volatilité des marchés boursiers d’octobre, ce qui signifie que la Fed ne craint pas de resserrement important des conditions boursières», souligne Brian Coultan, économiste en chef de l’agence de notation Fitch.
La Réserve fédérale prépare ainsi le terrain pour le 19 décembre, où elle publiera de nouvelles prévisions de croissance et d’inflation. Et elle relèvera probablement le taux des «Fed funds» pour la quatrième fois cette année.
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