La démission annoncée de Boris Johnson laisse les marchés de marbre
Boris Johnson, abandonné par de nombreux membres de son gouvernement depuis deux jours dans le sillage d’une série de scandales, a annoncé jeudi qu’il abandonnait son poste de président du Parti conservateur britannique et qu’il démissionnera de son poste de Premier ministre dès que son successeur sera désigné.
Nommé en juillet 2019 pour succéder à Theresa May à la direction du Parti conservateur, s’assurant ainsi sa nomination à la tête du gouvernement, Boris Johnson a ensuite triomphé dans les urnes, lors d’élections anticipées en décembre de la même année, mais a été affaibli par une série de scandales ces derniers mois. Le dernier en date, provoqué par la démission de l’élu conservateur Chris Pincher en raison d’accusations d’inconduite sexuelle, a poussé mardi soir les ministres des Finances et de la Santé, Rishi Sunak et Sajid Javid, à présenter leur démission.
«Sa démission était inévitable», a déclaré le vice-président du Parti conservateur, Justin Tomlinson, sur Twitter. Boris Johnson avait déjà sauvé son poste début juin en surmontant une motion de défiance lancée par des membres de son Parti conservateur. Les conservateurs vont désormais devoir élire un nouveau dirigeant, une procédure qui pourrait prendre environ deux mois.
Peu d’effets sur les marchés
A la suite de cette annonce, la livre sterling est légèrement remontée pour approcher 1,2 dollar jeudi matin. La devise britannique avait baissé de 2,5%, de 1,215 à 1,187 dollar, entre mardi soir et mercredi, lorsque la crise politique au Royaume-Uni s’est accentuée. La livre sterling a beaucoup baissé depuis son palier autour de 1,30 dollar en mars-avril, et celui entre 1,35 et 1,38 dollar en 2021, à cause de l’inflation et de risques de récession accrus et exacerbés par les conséquences du Brexit.
La Banque d’Angleterre (BoE) ne parvient plus à limiter l’inflation, et a averti que les perspectives économiques du Royaume-Uni se sont «nettement détériorées» en raison de l’impact de la guerre en Ukraine. Elle aussi a même demandé aux banques d’augmenter leurs réserves de fonds propres pour faire face aux chocs. La banque centrale a déjà relevé les taux de 115 points de base depuis décembre, mais l’inflation ne montre aucun signe de ralentissement.
De son côté, le marché des actions britanniques progresse légèrement, à l’instar des autres places européennes. Le FTSE 100, l’indice de la Bourse de Londres progresse de 1,15% dans un marché européen en hausse de 1,5%.
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