La crise financière favorise la pratique des offres publiques négociées
La concertation en matière de fusions et acquisitions semble davantage appréciée des investisseurs en période de crise, comme le prouve l’échec fin 2008 de l’offre non sollicitée de Gemalto sur Wavecom, finalement racheté par Sierra Wireless. En revenant sur ce cas, la conférence organisée hier par Sciences Po, en partenariat avec le cabinet d’avocats Jones Day, a souligné la réticence actuelle des marchés et des banques face au risque. D’où l’attrait revêtu par « des opérations dont la réalisation présente le caractère le plus certain ». Compte tenu d’un risque accru de surenchère dans le cas d’une offre non sollicitée, son initiateur peut en outre buter sur de plus grandes difficultés de financement.
Si la faiblesse des valorisations peut inciter certains prédateurs à choisir la voie hostile, le caractère irrévocable de l’offre publique française, qui contrairement aux Etats-Unis doit porter sur la totalité du capital, est plus contraignant pour l’acquéreur potentiel. La recherche d’une plus grande transparence a également conduit la réglementation française à mieux encadrer les prises de participation rampantes. En vertu de la loi LME, les déclarations de franchissement de seuils devront ainsi à partir du 31 juillet 2009 « faire état de l’utilisation de produits dérivés », le délai des déclarations d’intention étant pour sa part ramené de dix à cinq jours de Bourse. Suite à une consultation close depuis le 30 juin, l’AMF va abaisser de 33,3 % à 30 % le seuil retenu pour le déclenchement d’une offre publique obligatoire.
D’origine américaine, la pratique du « tender offer agreement », qui a pour objet de sécuriser l’issue de l’offre et d’en réduire le coût pour l’initiateur, a désormais gagné la France. Trois opérations de ce type ont été réalisées depuis 2007 (SAP/Business Objects, IBM/Ilog et Sierra Wireless/Wavecom), malgré les difficultés juridiques liées au montant des indemnités de rupture négociées entre l’initiateur et la cible. La protection des minoritaires dans une offre amicale est favorisée par l’intervention d’un expert indépendant chargé de prévenir les conflits d’intérêts. « La coopération entre les parties en amont de l’opération permet d’optimiser les conditions de l’offre, au bénéfice de l’initiateur, de la cible, de ses actionnaires et parties prenantes », conclut-on chez Jones Day.
Plus d'articles du même thème
-
Uniqlo enregistre une forte hausse de ses profits trimestriels
Le groupe japonais de prêt-à-porter a vu son bénéfice bondir de plus de 40% lors du trimestre clos fin mai malgré un contexte compliqué. -
Un spécialiste britannique des drones maritimes se valorise 1 milliard de dollars
Kraken Technology a levé 175 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs européens, dont le français Supernova Invest. Il est actif sur le segment en forte croissance des drones de surface. -
Mérieux Equity Partners obtient déjà 335 millions d'euros pour son cinquième fonds de buyout
Quatre mois seulement après en avoir commencé la levée, Mérieux Participations 5 procède à un premier closing à plus de la moitié de l'objectif final de 600 millions d'euros. Les actifs sous gestion de la société d'investissement dans la santé atteignent deux milliards d'euros.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
Tribune librePrésidentielle : voulons-nous élire un Sapeur Camember ?
En l’état de nos finances publiques, seraient-ils confrontés à la situation du Sapeur Camember qui, pour résoudre un problème, ne peut en réalité qu’en créer un autre ? -
« Il faut engager la décarbonation » : l'alerte du Haut Conseil pour le climat
La France s’est développée « dans un climat qui n’existe plus ». Dans son analyse annuelle des politiques françaises contre le changement climatique, le Haut Conseil sur le climat (HCC) alerte : l’Hexagone n’est pas prêt à affronter les conséquences du réchauffement climatique. -
CarotteProjet de loi Logement : les sénateurs allègent les conditions pour bénéficier de l'avantage fiscal Jeanbrun
Mardi soir, les parlementaires de la chambre haute ont largement ouvert les critères d'éligibilité relatifs à l'ancien