La consolidation se poursuit chez les gérants de CLO
La concentration dans la gestion des obligations adossées à la dette bancaire titrisée (collateralized loan obligations, CLO) se poursuit. GSO Capital, filiale de Blackstone spécialisée dans les investissements dans les produits de dette, a annoncé vendredi l’acquisition de Harbourmaster Capital.
Basé à Dublin, Harbourmaster s’est spécialisé dans les CLO adossés aux prêts d’acquisitions à effet de levier (leveraged loans) européens. Il revendique 8 milliards d’euros d’actifs. Blackstone change ainsi de dimension, puisque sa plate-forme de leveraged loans européens gérait 3,5 milliards d’euros avant la transaction.
Le montant n’a pas été précisé; dans la gestion alternative, on estime grossièrement que les sociétés se valorisent entre 2 et 3% des actifs gérés. Soit un prix situé autour des 200 millions d’euros.
Le marché des CLO a connu un regain d’activité au premier semestre, dans la foulée du redémarrage des acquisitions à effet de levier (leveraged buy-out, LBO). Le financement de ces opérations a attisé l’appétit des gérants de CLO sur le marché secondaire pour ces titres, qui procurent un haut rendement.
Mais la chute des marchés pendant l’été a fait particulièrement souffrir les acteurs les plus modestes. Ces derniers avaient déjà peiné pour lever de nouveaux véhicules depuis la crise financière de 2008 (crise qui avait totalement asséché le marché les années suivantes). En outre, beaucoup de gérants, même ceux d’une certaine dimension, n’ont pu s’adapter aux nouveaux règlements internationaux sur la titrisation en cours depuis 2010.
La règle dite de «risk retention» requiert des sociétés de gestion qu’elles conservent au moins 5% du risque de crédit, notamment celui affectant les tranches les plus risquées du CLO (equity). La loi Dodd-Frank l’a même renforcée pour les gérants américains. Si l’association américaine de syndication et de trading des prêts (LSTA) en négocie l’assouplissement pour les CLO «ouverts» (open market), les sociétés aux bilans trop faibles n’ont pas attendu et se vendent – ou vendent leurs fonds – aux grands acteurs internationaux.
Alcentra, appartenant à Bank of New-York Mellon, est ainsi à vendre, tandis que DiMaio Ahmad Capital a été acquis par Citigroup et Andicus Advisors par Ares Management. Carlyle a acheté un fonds CLO de Foothil (filiale de Wells Fargo).
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