La cession de Foncia va libérer 1,1 milliard de fonds propres pour BPCE
BPCE est allé plus loin que prévu. Non content de confirmer la vente de l’administrateur de biens Foncia au tandem d’investisseurs Eurazeo et Bridgepoint, le groupe bancaire a annoncé hier l’ouverture de négociations exclusives avec Batipart (holding de Charles Ruggieri) et plusieurs institutionnels français non identifiés, en vue de leur céder les parts que détiennent ses filiales Nexity (32,1%) et Banque Palatine (20,1%) au capital d’Eurosic.
Cette opération, qui valorise la société d’investissement immobilier cotée à 610 millions d’euros et entraînera une OPA de Batipart à 34,30 euros par action, est importante. Elle permet à BPCE de neutraliser un éventuel impact négatif de la vente de Foncia. «L’impact de ces transactions sur nos comptes sera globalement neutre, voire légèrement positif», a assuré hier François Pérol, président du directoire de BPCE, à l’occasion de la présentation des comptes trimestriels du groupe.
Bridgepoint et Eurazeo apporteront chacun 240 millions d’euros et contrôleront à parité 80% du capital de Foncia. BPCE réinvestira 200 millions d’euros: 100 millions de fonds propres, dont 20 millions auront un rendement plafonné, et 100 millions en obligations remboursables en actions, dont la parité sera ajustée en fonction du multiple de Bridgepoint et Eurazeo (que le groupe bancaire appelle «crédit vendeur»). BPCE détiendra de ce fait environ 17% de Foncia, et ne pourra céder sa participation qu’en même temps que ses deux nouveaux partenaires (soit pas avant cinq ou six ans). Le solde (environ 3%) est destiné aux salariés.
L’opération est également financée par une dette bancaire de 395 millions d’euros (dont une tranche de 300 millions non amortissable) arrangée par CA CIB, Goldman Sachs et Natixis. L’offre valorise Foncia 1,017 milliard d’euros dette comprise et son capital 725 millions. Les fonds propres de l’administrateur de biens étaient valorisé 840 millions dans les comptes 2010 de BPCE. «La transaction aura un effet négatif sur notre résultat net en 2011, mais elle sera rapidement relutive car la transaction libérera 1,1 milliard de fonds propres», indique François Pérol.
Un argument de poids, qui compense aux yeux des dirigeants la légère moins-value par rapport au prix d’achat de Foncia en 2007. «Réinvestir le capital ainsi libéré au taux de rentabilité du groupe nous permettrait de doubler son rendement», soit entre 6 et 8%, précise le président de BPCE.
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