La Belgique veut un juste partage de la facture Dexia
Dernière ligne droite pour Dexia. Alors que la banque tiendra un conseil d’administration demain, l’action a été suspendue jusqu’à lundi matin. Entre le Luxembourg, la Belgique et la France, les discussions sur le coût du démantèlement du groupe sont en effet serrées.
«Le partage équitable des charges est un élément très sensible et crucial dans les négociations», a déclaré hier Yves Leterme, le Premier ministre belge. «Nous avons besoin d’une solution où nous finançons non seulement la banque belge, mais aussi tout le passé, et cela nous ne le ferons pas seuls», a renchéri son grand argentier Didier Reynders.
Lors du sauvetage de 2008, la Belgique avait garanti 60,5% du financement de la banque, contre 36,5% pour la France et 3% pour le Grand Duché. Dexia Bank Belgium, banque de détail, posait en effet un risque systémique pour le pays. Risque qui s’est à nouveau matérialisé cette semaine avec des retraits de dépôts de la clientèle, selon la presse belge. Mais les Belges imputent la déconfiture du groupe à sa partie française, Dexia Crédit Local, au bilan déséquilibré et lesté d’actifs douteux.
L’idée d’un partage des garanties à 50/50 courait donc hier. D’autant que la Belgique est sous pression. En cinq jours, la courbe des rendements belges s’est décalée à la hausse: +48 pb à 2 ans et +32 pb à 10 ans, contre quelques points de base pour la France.
Bruxelles privilégie toujours l’idée d’une nationalisation de Dexia Bank Belgium, avant sa revente à un concurrent. L’option d’un spin off au bénéfice des actionnaires existants, présentée par les régions belges, n’a pas été retenue.
En France, la préservation des capacités de prêts aux collectivités locales se fera par un double montage. Une structure commune à la Caisse des dépôts (65%), Dexia (30%) et la Banque Postale (5%) reprendra l’encours logé dans Dexia Municipal Agency. Cette dernière portait à fin juin 54 milliards de prêts et 23 milliards d’obligations. Elle présente à son passif 64 milliards d’obligations, 10 milliards de prêts accordées par le Crédit Local, et 1,3 milliard de fonds propres. Une deuxième société, détenue à 65% par la Banque Postale et à 35% par la CDC, serait chargée de la production de nouveaux prêts, et reprendrait les commerciaux de Dexia. Le dispositif pourrait s’appuyer en partie sur la collecte Livret A de la Banque Postale, aujourd’hui centralisée à quasiment 100% auprès de la CDC.
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