«La BCE entraîne déjà un effet rareté sur les actifs présumés éligibles»
L’Agefi : Les rachats d’obligations corporates de la BCE pousseront-ils les investisseurs vers le high yield?
Emmanuel Schatz : Le programme CSPP et l’augmentation du QE à 80 milliards d’euros par mois visent à amplifier le mouvement de baisse des taux et des spreads de crédit. Dans ce contexte, les actifs offrant le plus haut rendement, comme le high yield (HY), sont d’autant plus rémunérateurs comparativement aux dettes d’Etat ou à l’investment grade (IG). D’autre part, le CSPP, dont on ne connaît pas encore les modalités exactes, entraîne déjà un effet rareté sur les actifs présumés éligibles que sont les obligations d’entreprises non financières IG. Dès lors, les typologies connexes comme les financières ou le HY en bénéficient directement.
Quelle stratégie privilégiez-vous?
Nous restons positifs sur le crédit, qu’il soit IG ou HY, financier ou non financier. En raison du CSPP, mais aussi parce que les valorisations nous semblent toujours assez attractives dans l’absolu, même après le fort rétrécissement des spreads des dernières semaines. Les rendements négatifs sur le monétaire et les titres d’Etat, notamment français et allemands jusqu’à 5 ans sont un autre facteur de soutien. Il convient bien sûr toujours de rester sélectif sur les secteurs et les émetteurs.
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