Christine Lagarde, présidente de la BCE
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Les marchés actions européens ont accusé jeudi des pertes historiques et les rendements des emprunts d’Etat en zone euro se sont nettement écartés, le plan ciblé dévoilé plus tôt par la Banque centrale européenne contre les effets du coronavirus ayant échoué à rassurer les investisseurs.
Tandis que l’Euro Stoxx 50 a clôturé en baisse de 11,55%, les rendements italiens à 10 ans s'écartaient de 55 points de base à 1,71%, alors que ceux de la dette allemande restaient stables, à -0,74%. Les rendements français à 10 ans passaient pour leur part de -0,32% à -0,17%, accroissant ainsi l'écart de rendement avec le Bund.
Les tensions sur les dettes souveraines en zone euro ont été accentuées par une déclaration de Christine Lagarde. La présidente de la BCE a d’abord indiqué que l’institution n'était «pas là pour fermer les spreads», les écarts de rendement entre emprunts d’Etat de la zone euro. Un peu plus tard, Christine Lagarde a nuancé ses propos dans un entretien à CNBC, se disant «totalement engagée à éviter toute fragmentation à un moment difficile pour la zone euro» et prête à utiliser «toute la flexibilité incorporée dans [son] programme d’achat d’actifs.»
D’abord un plan de soutien aux banques
«La BCE n’est pas en première ligne de défense de cette crise, qui est d’abord un choc d’offre, puis de demande, accompagné d’une instabilité financière, a réagi Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d’Allianz Global Investors. Selon Christine Lagarde, la réponse à cette crise doit donc d’abord être fiscale. Ce message, difficile à entendre par les marchés, correspond pourtant bien à notre analyse de la situation»
Face au Covid-19, la BCE va augmenter le montant de son programme d’assouplissement quantitatif (QE), qui a repris le 1er novembre 2019, de 120 milliards d’euros cette année, «pour assurer une forte contribution des programmes d’achats de titres du secteur privé». La BCE rachetait jusqu'à présent 20 milliards d’euros d’actifs par mois. Le QE se poursuivra aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l’effet accommodant de la politique de taux et prendra fin peu avant le premier relèvement des taux d’intérêt, a indiqué l’institution.
L’institution a par ailleurs annoncé que de nouvelles opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO) seraient menées «temporairement, pour soutenir immédiatement la liquidité du système financier de la zone euro». «Bien que le Conseil des gouverneurs ne perçoive pas de signes importants de tensions sur les marchés monétaires ou de déficits de liquidité dans le système bancaire, ces opérations apporteront un soutien effectif en cas de besoin», a indiqué la BCE.
Les termes des TLTRO seront plus favorables pour toutes les opérations en cours entre juin 2020 et juin 2021, a souligné la BCE. En particulier, le taux d’intérêt appliqué à ces TLTRO sera inférieur de 25 points de base au taux moyen des principales opérations de refinancement de l’Eurosytème et pourra même, dans certains cas, être inférieur de 25 points de base au taux de rémunération des dépôts.
Si la BCE se tient prête, selon Christine Lagarde, à ajuster tous ses instruments de politique monétaire si nécessaire, l’institution a laissé en revanche jeudi son principal taux de refinancement à 0%, soit le niveau auquel il se trouve depuis mars 2016, et son taux de rémunération des dépôts à -0,5%.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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