Christine Lagarde, la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne, lors de la conférence de presse du 12 décembre 2019.
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photo ECB (CC BY-NC-ND 2.0)
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi un ensemble de mesures destinées à lutter contre les répercussions de la pandémie de coronavirus sur l'économie de la zone euro, dont une augmentation du volume mensuel de ses achats nets d’actifs, mais elle a laissé ses taux directeurs inchangés. Ce paquet n’a pas convaincu les investisseurs. Les marchés financiers creusaient leurs pertes dans l’après-midi, les indices actions européens plongeant de près de 10%.
La BCE a indiqué qu’elle laissait son principal taux de refinancement à 0%, soit le niveau auquel il se trouve depuis mars 2016, et son taux de rémunération des dépôts à -0,5%. Ce taux avait été réduit de 10 points de base en septembre 2019.
La banque centrale a également confirmé ses indications prospectives («forward guidance») sur les taux, indiquant qu’ils resteraient à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu’au retour de l’inflation à un niveau «proche de mais inférieur à 2%».
Cependant, le programme d’assouplissement quantitatif (QE), qui a repris le 1er novembre 2019, va être augmenté de 120 milliards d’euros en 2020, garantissant une forte contribution aux programmes d’achats de dette du secteur privé. La BCE rachetait jusqu'à présent 20 milliards d’euros d’actifs par mois.
Le QE se poursuivra aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l’effet accommodant de la politique de taux, a indiqué l’institution. Il prendra fin peu avant le premier relèvement des taux d’intérêt.
La BCE a répété qu’elle comptait réinvestir la totalité du produit des obligations arrivant à échéance, acquises dans le cadre de son programme d’achats d’actifs, pendant une période prolongée après sa première hausse des taux d’intérêt.
Opérations ciblées
L’institution a par ailleurs annoncé que de nouvelles opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO) seraient menées «de manière temporaire, afin d’apporter un soutien immédiat en termes de liquidité au sytème financier de la zone euro».
Alors que plusieurs autres grandes banques centrales, notamment la Réserve fédérale (Fed) et la Banque d’Angleterre (BOE), ont déjà abaissé leurs taux face aux retombées de la pandémie sur l'économie et les marchés financiers, les propos de Christine Lagarde, la présidente de la BCE, lors de la conférence de presse qui débutera à 14h30, sont très attendus par les investisseurs.
La présidente de la BCE pourrait notamment exhorter une nouvelle fois les gouvernements de la zone euro à augmenter leurs dépenses publiques pour stimuler l'économie de la zone euro face à la menace posée par la pandémie.
Christine Lagarde pourrait décider d’avoir son moment «tout ce qui est nécessaire», estimait en début de semaine Brad Bechtel, responsable mondial des changes chez Jefferies, faisant référence au célèbre discours de Mario Draghi, en juillet 2012, dans lequel il avait déclaré que la BCE était prête à faire tout ce qui serait nécessaire pour préserver l’euro.
La banque centrale suédoise a laissé son taux directeur inchangé à 1,75% tout en laissant la porte ouverte à une hausse de 25 points de base d’ici à la fin de l’année si l’inflation accélère. Elle est intégrée dans les prix de marché.
Le marché de l’emploi britannique continue de montrer des signes de faiblesse, avec un ralentissement des embauches, des emplois vacants au plus bas depuis 2021 et une moindre hausse des salaires. De quoi permettre à la Banque d’Angleterre de maintenir ses taux.
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