La BCE devra bientôt se dévoiler sur l’avenir de son QE
Le moment où la BCE va devoir trancher sur l’avenir de son programme d’achats de titres et introduire une communication tournée vers ses taux directeurs se rapproche. Même si aucune décision concrète n’est attendue à la réunion de son Conseil des gouverneurs qui se tient jeudi, les marchés seront attentifs à tout nouveau signe quant à la décision qu’elle devra prendre concernant ses rachats lors de sa réunion de juin. Or, elle avait retiré le mois dernier son engagement à augmenter, si nécessaire, la taille et/ou la durée de ses achats en cas de détérioration des perspectives d’activité, et ainsi ouvert la porte à un arrêt complet du QE dès la fin d’année. Cette décision n’a pas empêché les rendements de se détendre légèrement à des bas niveaux, et à l’euro de rester stable autour de 1,23 face au dollar.
Publication le 3 mai de l’inflation estimée en avril
Les récentes tensions commerciales, et des chiffres d’activité plus faibles que prévu dans la zone euro, pourraient cependant la pousser à retarder la sortie de son QE, comme le montre un sondage publié vendredi par Bloomberg. «Les membres de la BCE ont fait bonne figure, malgré les données d’activité récentes plus faibles, et le processus d’ajustement monétaire progressif de la BCE revêt désormais un risque concernant ses marges de manœuvre. Si le ralentissement de l’activité devrait être temporaire, il est peu probable que les perspectives d’inflation s’améliorent d’ici le mois de juin, et la BCE pourrait être obligée d’envisager une nouvelle extension du QE», explique SG CIB. Les discussions sur un ajustement de sa forward guidance désormais orientée vers les taux seront ainsi probablement encore jugées trop précoces.
Depuis mars, les marchés ont d’ailleurs repoussé de 4 mois leurs prévisions de la première hausse des taux de la BCE à juillet 2019. «Mario Draghi pourrait implicitement se rallier aux prévisions de marché d’une première hausse de taux retardée en ayant recours au processus itératif et interactif, qui a été décrit par Peter Praet» consistant à ne pas conserver une démarche destinée à déterminer un rythme de politique monétaire, mais à s’ajuster en fonction des marchés, estime Frédérik Ducrozet, économiste chez Pictet. Les marchés auront une indication sur l’évolution de l’activité avec les chiffres de PMI qui sont publiés aujourd’hui, mais surtout avec les premières estimations d’inflation en avril qui seront publiées le 3 mai, après la hausse de l’indice sous-jacent à un niveau de 1,3% au mois de mars.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés confirment leur appétit pour le dollar au détriment de l’euro
Les positions longues sur le dollar sont remontées en quatre semaines à des niveaux proches des plus hauts en dix ans. Et inversement sur les positions vendeuses contre l’euro ou la livre. -
«La BCE semble vouloir réagir plus rapidement qu’en 2022 sur les taux»
Théophile Legrand, stratégiste Taux chez Natixis. -
Andrew Balls (Pimco) : «La croissance résiste mais les risques augmentent aussi»
La société de gestion spécialisée sur les marchés obligataires et de crédit a publié ses dernières perspectives. Le directeur des investissements obligataires, Andrew Balls, résume, en avant-première pour L’Agefi, cette analyse sur l’économie et la dynamique pour les marchés de taux et de crédit.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime » -
Chasse aux sorcières« Du maccarthysme à l’ancienne » : comment la rhétorique de Lecornu fait les affaires de Mélenchon
A force de voir l’ombre de LFI partout, sans jamais reconnaître ses propres manquements, le chef du gouvernement achève de dresser toute la gauche contre lui -
EditorialFermeté de la justice avec les émeutiers : assez de cris d’orfraie !
Les mêmes qui s’indignent immanquablement des attaques contre les « juges rouges » sont tout à coup bien prompts à accréditer l’idée d’une justice aux ordres