La BCE continue de souffrir d’une pénurie de titres à racheter
Dans le cadre du programme de rachats d’obligations de la BCE, les banques centrales nationales ont acquis 62,4 milliards d’euros au total en juin, soit un montant équivalent à ceux d’avril et mai (respectivement 62,6 et 62,5 milliards) et légèrement supérieur à l’objectif révisé, de 60 milliards. Les rachats de titres d’Etat (PSPP) ont représenté 83% du montant total (51,6 milliards), les titres corporate (CSPP) 11% à 7 milliards, et les covered bonds (CBPP) 5% à 3,3 milliards. «Depuis la réduction du programme cette décomposition semble être la nouvelle norme, bien loin de celle qui prévalait entre novembre 2015 et mars 2017 où le PSPP pesait plus de 85%. Les banques centrales sont toujours aussi actives sur les corporates avec 7,1 milliards achetés par mois depuis avril malgré la réduction de la taille» du programme, ajoute Natixis.
La raréfaction de certains titres d’Etat se fait sentir. La Bundesbank allemande n’est pas parvenue à atteindre le montant d’achats défini par la clé de répartition pour le troisième mois consécutif, avec un trou d’environ 350 millions d’euros en juin, soit une déviation totale ramenée de 7,8 milliards fin mars, à 6,7 milliards à la fin du mois dernier. La maturité moyenne des titres d’Etat achetés par l’autorité allemande s’est allongée de 3,99 ans en mai à 5,33 ans, «ce qui explique le fort resserrement des asset swaps sur le Schatz à 2 ans en juin», explique ING. La banque centrale néerlandaise est en dessous du montant défini par la clé de répartition pour le deuxième mois consécutif, alors que la déviation cumulée a désormais atteint un record de 9,2 milliards d’euros au Portugal.
«Durant l’été, les titres qui bénéficieront le plus du programme PSPP sont les titres courts allemands, car la demande de la Buba va se concentrer de plus en plus sur la partie 1 à 5 ans de la courbe. Les 79 milliards d’euros d’émissions prévues d’ici la fin de l’année devraient permettre à la banque centrale allemande de respirer un peu, notamment sur le long avec 5 milliards d’émissions attendues, dont le lancement du Bund de maturité août 2048, judicieusement prévu le 20 septembre», indique Natixis. Depuis la correction de plus de 20 pb enregistrée par le rendement du Bund 10 ans, à la suite du discours plus restrictif de Mario Draghi en début de semaine dernière, les marchés ont observé une période d’accalmie cette semaine.
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