La BCE accélère la réduction de ses achats d’actifs malgré la guerre
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Valérie Venck, Agefi-Dow Jones
Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de la conférence du 28 octobre 2021
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Photo Sanziana Perju / ECB
La Banque centrale européenne (BCE) a révisé jeudi le calendrier de ses achats nets d’actifs afin de tenir compte d’une inflation élevée et qui risque encore d’accélérer en raison de la guerre en Ukraine. L’institution a par ailleurs laissé ses taux d’intérêt inchangés.
Dans le communiqué publié à l’issue de sa réunion de politique monétaire, la BCE a annoncé que les achats nets d’actifs réalisés dans le cadre de son programme régulier d’achats d’actifs (APP) s'élèveraient à 40 milliards d’euros en avril, 30 milliards d’euros en mai et 20 milliards d’euros en juin. La BCE prévoyait auparavant des achats de 40 milliards d’euros par mois sur l’ensemble du deuxième trimestre.
«La guerre entre la Russie et l’Ukraine aura un impact important sur l’activité économique et l’inflation en raison de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, des perturbations des échanges commerciaux internationaux et de l’affaiblissement de la confiance», a indiqué la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du conseil des gouverneurs.
«Les anticipations d’inflation à long terme [...] se sont ancrées au niveau de notre cible d’inflation. Le conseil des gouverneurs considère qu’il est de plus en plus probable que l’inflation se stabilise à moyen terme à son objectif de 2%», a ajouté Christine Lagarde.
Remontée des rendements
Au troisième trimestre, la poursuite des achats d’actifs dépendra des indicateurs économiques et de l'évolution des perspectives économiques, a indiqué la BCE. Si les indicateurs montrent que les anticipations d’inflation à moyen terme ne diminuent pas, la BCE mettra fin à l’APP au troisième trimestre, a-t-elle prévenu. La banque centrale prévoyait auparavant de racheter 30 milliards d’euros d’actifs par mois au troisième trimestre, puis 20 milliards d’euros par mois à compter d’octobre.
Ces annonces ont entraîné un écartement des rendements des emprunts d’Etat en zone euro. Les taux à 10 italiens et espagnols s'écartent de 21 points de base et 11 pb respectivement. Les indices actions, eux, évoluent dans le rouge.
La banque centrale a modifié le calendrier de retrait de son programme d’achats d’actifs en réaction aux nouvelles projections d’inflation publiées par ses équipes. La BCE table maintenant sur une inflation de 5,1% cette année dans la zone euro. En décembre, la BCE avait déjà relevé sa prévision d’inflation pour 2022 à 3,2%, contre 1,7% précédemment.
Les hausses de prix cette année devraient notamment être alimentées par les tensions sur le coût de certains produits alimentaires et matières premières en raison de la guerre en Ukraine, a indiqué Christine Lagarde, en précisant que la BCE scrutait attentivement dans ce contexte les tensions sur les salaires, qui auraient un impact sur l’inflation sous-jacente.
L’inflation devrait ralentir à 2,1% en 2023 puis à 1,9% en 2024, a indiqué la banquière centrale. La BCE misait auparavant sur une inflation de 1,8% l’année prochaine et la suivante. L’objectif d’inflation à moyen terme de l’institution est fixé à 2%.
L’accélération de l’inflation a par ailleurs amené la BCE à ouvrir la porte à une hausse prochaine des taux d’intérêt. Abandonnant toute référence à une possible baisse des taux dans son communiqué, l’institution a indiqué que les taux resteraient à leurs niveaux actuels jusqu’au retour durable de l’inflation à 2% et que toute modification serait ensuite «progressive» et interviendrait «quelque temps» après la fin des achats nets d’actifs. Le principal taux de refinancement de la BCE a été maintenu jeudi à 0% et le taux de rémunération des dépôts à -0,5%.
Les équipes de la BCE ont parallèlement abaissé leurs prévisions de croissance pour 2022 et 2023, reflet de l’impact attendu de la guerre en Ukraine sur l’activité économique. La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro en 2022 devrait s'établir à 3,7%, contre une précédente prévision de 4,2%. La croissance est par ailleurs anticipée à 2,8% l’année prochaine et 1,6% en 2024. La BCE tablait en décembre sur une croissance de 2,9% en 2023 et 1,6% en 2024.
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