La Banque du Japon ne touche pas à ses taux
La Banque du Japon (BoJ) a maintenu ses taux d’intérêt inchangés jeudi, tout en mettant en garde contre l’impact que la hausse des coûts du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, pourrait avoir sur l’inflation sous-jacente, signalant ainsi sa prudence face aux pressions inflationnistes croissantes.
Deux membres «faucons» du conseil se sont également opposés aux projections de la banque centrale concernant le délai nécessaire pour que l’inflation atteigne durablement sa cible, arguant que cette échéance pourrait être plus proche que prévu initialement. La décision de la BoJ intervient au cours d’une semaine chargée en réunions de banques centrales, où les décideurs ont dû composer avec une trajectoire de politique monétaire brouillée par le choc pétrolier au Moyen-Orient.
La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque du Canada ont maintenu leurs taux inchangés mais ont adopté un ton ferme (hawkish) mercredi, conscientes du risque qu’une envolée des prix du pétrole n’alimente l’inflation. «Avant le conflit au Moyen-Orient, l’activité des ménages et des entreprises était solide. Les mesures de relance du gouvernement devraient soutenir l'économie», a déclaré le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion.
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Vers une hausse en avril
«Nous tiendrons compte de ces points pour déterminer dans quelle mesure la hausse des prix du pétrole pourrait peser sur l'économie via une dégradation des termes de l'échange». À l’issue de cette réunion de deux jours qui s’est achevée jeudi, la BoJ a laissé son taux directeur à court terme inchangé à 0,75%. Hajime Takata, membre du conseil, a réitéré une proposition infructueuse déjà formulée en janvier visant à porter les taux à 1%, arguant que le Japon a déjà vu l’inflation atteindre durablement les 2%. Un autre membre du conseil, Naoki Tamura, s’est également opposé à la vision de la BoJ selon laquelle l’inflation atteindrait durablement 2% à partir d’octobre, estimant au contraire que cela pourrait se produire dès le mois d’avril.
«Dans le sillage de l’exacerbation des tensions au Moyen-Orient, les marchés mondiaux se sont montrés volatils», a reconnu la banque centrale dans un communiqué annonçant sa décision, ajoutant que la hausse des prix du pétrole exercera probablement une pression à la hausse sur l’inflation à la consommation. «Une attention particulière doit être portée à l’impact de la hausse des prix du pétrole brut sur les perspectives de l’inflation sous-jacente à la consommation.»
La BoJ avait relevé ses taux d’intérêt à un sommet de 30 ans à 0,75% en décembre et a signalé sa volonté de continuer à augmenter les coûts d’emprunt si le Japon poursuivait sa progression vers l’atteinte durable de son objectif d’inflation de 2%, soutenue par des gains salariaux. Malgré l’incertitude accrue découlant de la guerre en Iran, les marchés estiment à environ 60% la probabilité d’une nouvelle hausse des taux en avril.
(Avec Reuters)
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